Notre-Dame-des-Landes: Le préfet rend possible le démarrage des travaux

PROJET D'AEROPORT La préfecture de Loire-Atlantique a publié ce mercredi l’arrêté autorisant la destruction du campagnol amphibie, un acte nécessaire pour lancer le chantier…

F.B. et J.U.

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Un campagnol amphibie. — David Perez/wikimediacommons

Annoncé à l’automne par le gouvernement, le démarrage des travaux préparatoires à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes se précise un peu plus. La préfecture de Loire-Atlantique a en effet publié ce mercredi matin l’arrêté autorisant la destruction encadrée du campagnol amphibie. Cet arrêté était le dernier acte administratif nécessaire avant un éventuel coup d’envoi du chantier.

Les opposants au projet auront évidemment la possibilité de contester en justice cet arrêté. Mais leur appel ne sera pas suspensif.

Transfert, compensation et suivi annoncé

Le campagnol amphibie est un rongeur dont la présence a été constatée sur la future zone aéroportuaire de Notre-Dame-des-Landes. Bien que ce petit animal soit inscrit sur la liste nationale des mammifères terrestres protégés, sa destruction est possible de manière dérogatoire, pour des travaux déclarés d’utilité publique, à condition qu’elle « ne nuise pas au maintien des populations des espèces concernées dans leur état naturel ».

Des mesures de transfert, de compensation et de suivi sont ainsi officiellement prévues par l’arrêté préfectoral. La présence d’un « expert en écologie du campagnol amphibie » est également exigée pour l’organisation des travaux.

L’automne est considéré comme la période favorable pour entamer le transfert des espèces protégées, mais aussi pour effectuer du débroussaillage, abattre les arbres et combler des mares. Autant d’étapes à mener dès les premières semaines de travaux de construction de l’aéroport.

D’autres espèces à protéger ?

Les naturalistes en lutte, un collectif de citoyens et experts opposés au projet, avaient affirmé, en janvier, avoir découvert cinq nouvelles espèces protégées sur le site (trois plantes et deux animaux). « En cas de démarrage des travaux, nous pouvons demander leur suspension pour ce motif et aller en justice », avait assuré Romain Ecorchard, juriste de l’association.

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Le tribunal administratif de Nantes a jusqu’à présent rejeté tous les recours environnementaux présentés par les opposants au transfert. Ces derniers ont fait appel.