Pourquoi Nantes est devenue la capitale de l'opposition à la loi Travail

SOCIAL Les leaders des sept principaux syndicats opposés à la loi Travail tiennent un meeting de rentrée à Nantes ce mercredi soir...

Frédéric Brenon

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Les leaders syndicaux Philippe Martinez (CGT, à gauche) et Jean-Claude Mailly (FO) seront à Nantes mercredi.
Les leaders syndicaux Philippe Martinez (CGT, à gauche) et Jean-Claude Mailly (FO) seront à Nantes mercredi. — Thomas SAMSON AFP

Philippe Martinez, Jean-Claude Mailly, Bernadette Groison, Eric Beynel, Lilâ Le Bas… Les leaders nationaux des sept principaux syndicats en lutte contre la loi Travail (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, FiDL et UNL) se sont donné rendez-vous ce mercredi à Nantes pour tenir un grand meeting commun à 18h. Objectif : donner le coup d’envoi d’une rentrée sociale « offensive » marquée par une journée de grève et d’action dès le 15 septembre.

« La loi Travail a, certes, été promulguée cet été mais la contestation est toujours vive. Le sentiment d’injustice n’a même fait que grandir avec l’utilisation du 49-3 », estime Fabrice David, secrétaire départemental de la CGT 44.

« Un symbole national »

Avec l’accueil de ce meeting, exceptionnel en province, Nantes et la Loire-Atlantique renforcent un peu plus leur position de place forte contre la loi El-Khomri. « Au départ, il était prévu ici un meeting en réaction à l’Université d’été du PS [prévue les 27 et 28 août], explique Fabrice David. Celle-ci a été annulée mais l’intersyndicale a souhaité maintenir l’événement pour la rentrée. On aurait pu le décaler à Paris mais Nantes est un symbole national, on est un département qui capte au niveau des luttes. »

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Avec près d’une vingtaine de manifestations entre février et juillet, contre douze à Paris, et des mobilisations parmi les plus importantes de France, la Cité des ducs s’est en effet fait remarquer. « Cette culture de la contestation, c’est historique, analyse Michel Le Roc’h, secrétaire départemental de FO. Déjà en mai 1968, il faut se souvenir que la grève générale est partie de Nantes. Entre les chantiers navals, le port, la centrale de Cordemais, la raffinerie de Donges, Airbus, il y a ici un tissu industriel développé et des bastions syndicaux très puissants. Quand on compare nos chiffres de manifestation à d’autres grandes villes similaires, je suis moi-même étonné. »

Manifestants contre la loi Travail à Nantes.
Manifestants contre la loi Travail à Nantes. - L.Venance/AFP

De violents débordements, aussi

Aux salariés, il faut ajouter des étudiants et lycéens nantais extrêmement mobilisés. « Le campus était très impliqué, les AG très suivies. Il y a une fierté de voir que les jeunes s’emparent de leur avenir de la sorte », commente Emilie Bourdon, présidente de l’Unef à Nantes.

Et puis il ne faudrait pas oublier que nombreux manifestants non syndiqués, pour certains membres de formations d’extrême gauche ou anarchistes, sont venus grossir les rangs nantais, donner de la voix ou semer la pagaille. Les heurts du printemps, parfois violents, ont contribué à braquer les projecteurs sur la ville. La fermeté policière et certaines réactions politiques n’ont ensuite fait qu’accentuer la tension. Rebelote le 15 septembre ?