«Pas question que Nantes devienne le terrain de jeu des casseurs», prévient Johanna Rolland

POLITIQUE A l’occasion de la rentrée, la maire de Nantes s’est longuement exprimée ce vendredi sur l’actualité, la vidéosurveillance, les finances, les transports ou l’avenir du centre-ville…

Frédéric Brenon

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Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes métropole.
Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes métropole. — L.Venance/AFP

Johanna Rolland a tenu une conférence de presse ce vendredi matin à l’occasion de sa troisième rentrée scolaire dans les habits de maire de Nantes et présidente de Nantes métropole. Si elle n’a pas livré d’annonce majeure à cette occasion, l’élue s’est exprimée longuement sur l’actualité et sa vision du « Nantes de demain ». Morceaux choisis.

Les casseurs lors des manifestations. « Il n’est pas question que les Nantais revivent ce que nous avons vécu au printemps. Il n’est pas question que le centre-ville de Nantes devienne le terrain de jeu des casseurs. Je suis extrêmement mobilisée, en lien avec le préfet, pour que cette situation ne se répète pas. Mon message est celui de la fermeté. »

La loi Travail et l’article 49-3. « Au départ, j’étais opposé à la loi Travail. Mais, depuis, j’estime qu’il y a eu plusieurs avancées positives issues des négociations. Je considère que le recours au 49-3 est davantage un aveu de faiblesse du gouvernement qu’un aveu de force. »

L’absence de vidéosurveillance à Nantes. « Ce qui s’est passé à Nice doit inciter tout le monde à la retenue. C’est l’une des villes qui compte le plus de caméras et ça n’a pas empêché le drame. La vidéoprotection, ça ne fait pas tout et ça ne s’improvise pas. On a fait le choix de lancer une étude avec huit maires de la métropole. Les résultats arriveront à l’automne et on prendra une décision sereinement. »

Les moyens financiers et les impôts. « La baisse des dotations de l’Etat est importante et quelque chose me dit que ça va continuer. Cela nous oblige à faire des choix difficiles, comme de lourdes économies de fonctionnement. On est dans un moment où tout le monde doit faire attention. Pour autant, je le répète, il y aura une unique hausse de la fiscalité [hausse de la taxe d’habitation et de la taxe foncière en 2016] dans ce mandat. C’était mon engagement, je le respecterai. »

Johanna Rolland, lors de sa conférence de presse de rentrée le 2 septembre 2016 à Nantes.
Johanna Rolland, lors de sa conférence de presse de rentrée le 2 septembre 2016 à Nantes. - F.Brenon/20Minutes

Les difficultés d’accès au centre-ville. « J’ai déjà annoncé la création de 400 places de parking sous l’ex-maison d’arrêt et de 3.000 nouvelles places en parking-relais d’ici la fin du mandat. Quant aux transports en commun, s’ils n’étaient pas performants, il n’y aurait pas autant de délégations de villes à venir voir à Nantes comment fonctionne le réseau. Nous démarrons les travaux de la nouvelle ligne de chronobus C9. J’avais aussi annoncé qu’il y aurait deux nouvelles lignes de transport en commun en site propre sur l’île de Nantes : l’une nord-sud qui relierait le pont Anne-de-Bretagne, le CHU, le pont des Trois-Continents et jusqu’à Rezé, l’autre est-ouest qui raccordera notamment le CHU au boulevard des Martyrs nantais.

La forte attractivité nantaise est-elle un problème ? « A Nantes, on va ouvrir une vingtaine de classes cette année. Je préfère être dans cette situation que dans celle d’autres maires que je rencontre et qui, eux, ferment des écoles. Quand il n’y a plus de dynamique, alors c’est qu’il y a moins d’emplois. On ne veut pas grossir pour grossir, on veut être une ville en mouvement. »

La mutation du centre-ville. « Nous abordons une période de métamorphose autour de trois inflexions majeures. La première, c’est l’élargissement du cœur de Nantes pour l’ensemble de la métropole autour des grands projets Île de Nantes, Bas-Chantenay et Pimil-les-Isles à Rezé. La seconde, c’est la place de l’eau dans la ville. Des choses ont déjà été faites, comme le miroir d’eau, mais la réconciliation avec la Loire va s’accélérer. La troisième, c’est faire de Nantes une ville moins minérale et plus verte. Pas seulement parce que c’est esthétique, mais parce que la singularité nantaise, c’est sa douceur de vivre. »

Sa mission de maire depuis deux ans et demi. « C’est aussi passionnant, aussi prenant, que je le croyais. Après, il y a des choses qu’on ne peut pas anticiper. La baisse des dotations de l’Etat, par exemple, c’est une réalité difficile. Mais ça peut être une opportunité vers plus de sobriété. »