Prix du lait: Les producteurs de l'Ouest appellent à un nouveau blocage de Lactalis à Laval

AGRICULTURE Cette nouvelle mobilisation vise à trouver un accord sur un meilleur prix avec le numéro un mondial du secteur...

J.U. avec AFP

— 

Une grosse manifestation avait déjà eu lieu en juillet 2015 devant le siège de Lactalis de Laval
Une grosse manifestation avait déjà eu lieu en juillet 2015 devant le siège de Lactalis de Laval — JEAN MARC DAVID/SIPA

Ils y avaient déjà convergé pour les mêmes raisons, il y a un peu plus d’un an. Les producteurs de lait de tout l’Ouest (Bretagne, Normandie, Pays de la Loire) veulent se rendre lundi à  l’usine Lactalis de Laval, le numéro un mondial du secteur, accusé d’être « le plus mauvais payeur » de lait en France. Cette action pourrait démarrer dès dimanche avec les seuls Mayennais.

>> A lire aussi : La crise du lait va-t-elle faire craquer les «frigos» de l'Europe?

La mobilisation « est prévue pour une durée indéterminée, car on veut reprendre les négociations [avec Lactalis] et trouver un accord » sur un meilleur prix du lait, a souligné Philippe Jéhan, président de la FDSEA de Mayenne et administrateur de la FNSEA. Le blocage pourrait durer au moins une semaine.

« Situation dramatique »

Lactalis est plus particulièrement la cible de la colère des producteurs, car l’entreprise paye en ce moment 256 euros les 1.000 litres de lait à ses producteurs. « De 10 à 30 euros de moins que leurs concurrents, a déploré Pascal Clément, président de la Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles de l’ouest (FRSEA). On est dans une situation dramatique et les prix continuent de se dégrader… Les groupes laitiers ont fait des résultats en très forte hausse l’an passé et confortent leurs résultats au premier semestre. »

« Nous, on revendique un prix de revient à 386 euros [les 1.000 litres] en Mayenne », un prix qui prend en compte « un salaire d’un SMIC et demi », a précisé Philippe Jéhan.

Lactalis dénonce un « discours irresponsable »

Le groupe laitier Lactalis a dénoncé ce jeudi le « discours irresponsable » du « syndicalisme agricole », dans un communiqué. « Il n’y a qu’en France où le syndicalisme agricole refuse la réalité du marché et s’en prend à une entreprise en particulier, avec un discours irresponsable que le groupe Lactalis a dénoncé et condamne fermement », écrit le numéro un mondial du lait.

Rappelant que cette crise est « avant tout une crise de surproduction », Lactalis affirme que, « parmi les grands producteurs de lait, la France est aujourd’hui celui où le prix du lait est non seulement le plus élevé mais, au-delà, il est nettement supérieur à ceux de tous les grands concurrents européens et notamment l’Allemagne, premier producteur européen ».