Nantes: Les syndicats misent sur l’université d’été du PS pour relancer la mobilisation à la rentrée

LOI TRAVAIL Plus de 3.000 personnes ont participé à la manifestation du 28 juin à Nantes, qui pourrait être la dernière avant l’été…

Julie Urbach

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La manifestation de Nantes le 28 juin 2016 / AFP PHOTO / LOIC VENANCE
La manifestation de Nantes le 28 juin 2016 / AFP PHOTO / LOIC VENANCE — AFP

C’était sans doute la dernière démonstration de force avant les vacances d’été. Ce mardi, il y avait encore du monde dans le centre-ville de Nantes pour une nouvelle manifestation contre la loi travail, à l’appel d’une intersyndicale de salariés et étudiants. Pour ce dernier grand rendez-vous, suivi par quelque 3.000 personnes, dans le calme au départ de la préfecture, les opposants au texte ont déjà prévenu : « Que le préfet ouvre bien grand ses oreilles, a scandé au micro Fabrice David, secrétaire départemental de la CGT. Même si la loi est adoptée pendant l’été, on ne lâchera rien ! »

Si une nouvelle journée de mobilisation nationale a été annoncée pour mardi prochain, et que des distributions de tracts ou actions dans les entreprises nantaises sont prévues pendant l’été, les syndicats nantais ont les yeux rivés vers les 27 et 28 août. Date choisie par le Parti socialiste pour organiser son université d’été, qui se déroulera à Nantes pour la première fois.

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« Le PS nous offre sur un plateau la possibilité de relancer la mobilisation militante dès la rentrée, interpeller les ministres », assure Fabrice David. Un grand meeting intersyndical en plein air est déjà prévu le vendredi soir…

Le gouvernement « réalimente l’envie de descendre dans la rue »

Et même après quatre mois de mobilisation, une vingtaine de défilés plus ou moins suivis, en centre-ville ou dans des zones industrielles, émaillés de violences pour la plupart, les manifestants nantais promettent d’en être et de continuer à se mobiliser à la rentrée. « J’ai fait toutes les manifs sauf une, et je reviendrai, assure Serge, syndiqué chez Sud. Vingt défilés, c’est quoi face à un projet de société que l’on refuse et un gouvernement qui n’en fait qu’à sa tête ? »

Pour Emilie Bellin, présidente de la section locale de l’Unef, c’est bien en partie à cause (ou grâce) à l’action du gouvernement que la mobilisation perdure. « On se bat contre le texte mais aussi contre une gauche au pouvoir qui défie sa population et renie ses origines. Les violences policières, les interdictions de manifester, tout cela a réalimenté en permanence l’envie de descendre dans la rue. »