VIDEO. Notre-Dame-des-Landes: Les électeurs donnent leur feu vert au transfert

CONSULTATION Les électeurs de Loire-Atlantique se sont prononcé ce dimanche en faveur du déménagement de l'actuel aéroport Nantes-Atlantique...

Frédéric Brenon

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Les électeurs de Loire-Atlantique ont dit «oui» au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Les électeurs de Loire-Atlantique ont dit «oui» au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. — F.Brenon/20Minutes

«Etes-vous favorable au projet de transfert de l’aéroport Nantes-Atlantique à Notre-Dame-des-Landes?» A cette question ô combien sensible, les électeurs de Loire-Atlantique ont donc répondu « oui » à 55,17% ce dimanche.

Une victoire un peu plus nette que ce que prédisaient les observateurs, d’autant plus que la participation est, elle aussi, supérieure aux prévisions qu'on pouvait se faire pour ce scrutin inédit : 51,08 % des électeurs se sont déplacés aux urnes. Un chiffre en deçà des municipales 2014 et régionales 2015 mais au-dessus des élections départementales 2015, par exemple.

Les grandes villes ont fait pencher la balance

Si les communes les plus proches de la future zone aéroportuaire ont voté massivement « non », la plupart des grandes villes de Loire-Atlantique se sont prononcées en faveur du transfert (Saint-Nazaire, Saint-Herblain, Orvault, Carquefou, La Baule, Guérande, Ancenis).

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Quelques petites surprises intéressantes toutefois à Rezé et à Saint-Sébastien-sur-Loire, où le «non» l'a emporté. A Nantes et, surtout, à Bouguenais, l'une des communes les plus confrontées aux nuisances aériennes, le résultat est proche du 50-50. A Blain, commune pourtant voisine de Notre-Dame-des-Landes, le «oui» est sorti nettement en tête.

«La lutte continue», prévient l'Acipa

Que va-t-il se passer désormais? « Si le non l’emporte, le projet sera abandonné. Si le oui l’emporte, le projet sera engagé  », avait promis le Premier ministre, Manuel Valls, la semaine dernière, expliquant même que les travaux devraient alors démarrer «à l’automne ». Oui mais voilà, il faudrait pour cela expulser les derniers habitants et agriculteurs installés sur le site, ainsi que les opposants Zadistes. Ce qui ne sera pas une mince affaire.

Flairant la menace, la principale association anti-aéroport, l’Acipa, a prévenu dimanche soir que « la lutte continue » et appelé « tous les soutiens et comités partout en France et au-delà à se mobiliser et à redoubler de vigilance dans les semaines à venir ».

«Le vote doit être respecté»

« La démocratie a parlé, le vote des habitants doit être reconnu et respecté», exige de son côté Philippe Grosvalet, le président (PS), pro-aéroport, de la Loire-Atlantique. « L’État doit maintenant mener à bien ce projet essentiel pour l’Ouest», insiste aussi Johanna Rolland, maire de Nantes (PS). Le maire de Notre-Dame-des-Landes, Jean-Paul Naud (SE), pourtant farouche adversaire du projet, souhaite «respecter le vote républicain».

Une ou deux pistes?

La question de la définition du projet lui-même se posera elle aussi. Dimanche, les électeurs ont dit «oui» à un aéroport de Notre-Dame-des-Landes à deux pistes, tel qu'il avait été déclaré d'utilité publique en 2008. Pourtant, en avril, la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, avait déclaré qu'il fallait désormais envisager un nouvel aéroport réduit à une piste, les experts qu'elle avait missionnés ayant jugé le projet initial «surdimensionné».