Notre-Dame-des-Landes: L'aéroport Nantes-Atlantique est-il saturé?

CONSULTATION L'argument revient souvent pour justifier un transfert de l'actuel aéroport à Notre-Dame-des-Landes...

Frédéric Brenon

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Au sein de l'aérogare de Nantes-Atlantique.
Au sein de l'aérogare de Nantes-Atlantique. — JS Evrard/AFP

La saturation de l’actuel aéroport Nantes-Atlantique est probablement l’argument utilisé le plus souvent par les partisans d'un transfert à Notre-Dame-des-Landes. Mais qu’en est-il exactement ? Le point, à la veille de la consultation par les urnes.

Le trafic en avance sur les prévisions. Avec 4,4 millions de passagers en 2015, le volume de voyageurs a plus que doublé en 15 ans et a dépassé toutes les prévisions. Nantes-Atlantique se classe ainsi parmi les aéroports les plus dynamiques de France, avec Beauvais et Bordeaux. Le nombre de mouvements d’avions (49.250 en 2015) progresse aussi, mais nettement moins vite (+18 % depuis 2000) car les appareils sont plus gros et davantage remplis.

Le bruit supporté jusqu'à quand? La Direction générale de l'aviation civile (DGAC) prétend que, pour ne pas rendre critique l'extension de la zone C du plan d'exposition au bruit (celle qui impose des contraintes de constructions de logements), il faudrait plafonner à 56.000 mouvements d'avions par an le trafic à Nantes-Atlantique, scénario qui pourrait être atteint dès 2023. Les caculs des anti-aéroport affirment, eux, que les contraintes de bruit pourraient supporter jusqu'à 90.000 mouvements d'avions et que le seuil critique redouté par la DGAC n'est pas crédible avant au moins 2050.

L’aérogare devenue trop petite? Officiellement, elle est prévue pour accueillir 4,5 millions de passagers par an (trafic qui devrait être atteint en 2016) et un maximum de 14.000 voyageurs par jour. Selon le concessionnaire Vinci, l’aérogare aurait ainsi connu l'an passé 135 jours de « saturation » à plus de 14.000 passagers, avec pour conséquences des « durées d’attente excessives et un service détérioré », essentiellement en période de vacances. En 2011, il n’y en avait eu que six. Les anti-aéroport considèrent que ces chiffres sont « exagérés ». Et font valoir que ces difficultés seraient résolues en agrandissant l'aérogare.

L'aéroport Nantes-Atlantique.
L'aéroport Nantes-Atlantique. - F.Perry/AFP

La piste encombrée? Le concessionnaire déclare avoir refusé aux compagnies une centaine de vols en 2014 et 250 en 2015 en raison de l’encombrement de la piste et des postes de stationnement des avions. La piste aurait également besoin d’une réfection importante. Les opposants au projet de Notre-Dame-des-Landes rétorquent que de nombreux aéroports à une piste accueillent nettement plus d’avions, à commencer par Genève (160.000 appareils en 2014). Ils font aussi remarquer que Nantes-Atlantique reste ouvert aux vols privés et loisirs, ce qui « prouve qu’il existe encore de la marge ».

L’emprise foncière trop restreinte? Selon les pro-aéroport, la proximité d’habitations et d’entreprises constitue un « obstacle majeur » aux possibilités de développement de l’aérogare et des équipements ces 50 prochaines années. Pour les opposants au transfert, il y a « toute la place d’agrandir » Nantes-Atlantique, notamment parce que les parkings sont étalés au sol et pourraient être remplacés par des parkings silos.

Quel est le coût d'un réaménagement? Partisans et opposants sont en total désaccord sur le coût d’un éventuel réaménagement de l’aéroport Nantes-Atlantique.
Les chiffres vont de 175 millions d’euros (Atelier citoyen opposé au transfert)
à 740 millions d’euros (Direction générale de l'aviation civile). Les experts missionnés début 2016 par la ministre de l'Environnement Ségolène Royal tablent, eux, sur une rénovation-agrandissement coûtant environ 300 millions d'euros.

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