Violences policières: A Nantes, onze «blessés des manifs» ont déposé plainte

LOI TRAVAIL Plusieurs manifestants qui dénoncent des violences policières lors des défilés contre la loi Travail, à Nantes, se lancent dans une action en justice...

Julie Urbach

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Les forces de l'ordre lors de la manifestation du 2 juin à Nantes/ AFP PHOTO / JEAN-SEBASTIEN EVRARD
Les forces de l'ordre lors de la manifestation du 2 juin à Nantes/ AFP PHOTO / JEAN-SEBASTIEN EVRARD — AFP

Hématomes, fractures, plaies… Onze personnes ayant été blessées lors de diverses manifestations contre la loi Travail, à Nantes, ont déposé plainte vendredi, a-t-on appris ce lundi. La démarche, qui vise « à mettre en lumière les violences policières », se veut collective pour « montrer qu’il ne s’agit pas d’une succession de cas isolés ».

Elle a été encouragée par l'assemblée des blessés, qui a vu le jour mi-mai pour recueillir des témoignages, et est accompagnée par un collectif d’avocats.

Grenades de désencerclement et LBD

Derrière ces « plaintes contre X pour violences volontaires avec (ou sans) arme par une personne de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions », il s’agirait principalement de victimes de tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) ou de grenades de désencerclement, reçus sur le corps ou le visage. Ces tirs auraient été « effectués sans aucune sommation » à l’occasion de manifestations dont certaines avaient été interdites.

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Yves, lui, rapporte que le 28 avril dernier sur l’île de Nantes, un policier « s’est jeté » sur lui, le faisant brutalement chuter au sol, alors qu’il avait une discussion un peu tendue avec un autre groupe de fonctionnaires, en marge du défilé. Il en est ressorti avec une clavicule cassée.

Action collective

« Les plaintes seront déposées auprès du Procureur de la République qui doit lancer une enquête de l’IGPN, détaille Me Pierre Huriet. On peut aussi, un peu plus tard, saisir le tribunal administratif pour une action en responsabilité de l’Etat pour que les victimes soient indemnisées. » « L’objectif de cette action collective est que le Parquet ne puisse pas ignorer pas cette série de plaintes », complète Me Stéphane Vallée.

Si les plaintes ne sont pas classées sans suite, les avocats évoquent ensuite la difficulté de l’identification des policiers mis en cause.

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