Nantes: Le coworking, ça se passe aussi à domicile

ECONOMIE COLLABORATIVE Accueillir des travailleurs freelance pour une journée dans son salon, trouver des partenaires pour mener sa recherche d'emploi, c'est possible avec le «cohoming» ou le «cosearching»...

Julie Urbach
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Une journée de cohoming chez Johann, à Nantes
Une journée de cohoming chez Johann, à Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes

On sent que ça bosse, mais ça rigole aussi. Dans le salon de cette grande maison du quartier de la Durantière, à Nantes, Johann, Laetitia, Antoine et Son ont chacun les yeux rivés sur leur ordinateur portable. Ces quatre jeunes gens, travailleurs freelance ou porteurs de projets, chacun dans leur domaine, ne se connaissaient pas quelques heures auparavant.

Le premier de la bande a accepté de prêter aux autres ses grande table, wi-fi, machine à café et autres friandises, pour réaliser une même envie : celle de partager une journée de travail à plusieurs.

De nouveaux espaces pour travailler…

C’est ce qu’on appelle le cohoming, une pratique collaborative qui se développe depuis quelques semaines à Nantes. Alors que les espaces de coworking font un tabac dans la Cité des ducs, avec pas moins d’une trentaine de lieux publics et privés recensés, cette nouvelle solution se veut « plus souple » et « moins onéreuse » pour les travailleurs indépendants.



« L’hôte peut proposer sa maison quand il le veut, une ou deux fois par semaine par exemple, explique Laura Choisy, fondatrice du site Cohome. Pour la participation, c’est en moyenne trois ou quatre euros par jour. C’est raisonnable. » Un euro est reversé au site.

… et rompre la solitude

Au-delà de proposer un point de chute, l’idée du cohoming est aussi de rompre la solitude souvent décrite par les freelances. Une centaine d’entre eux, vivant à Nantes ou aux alentours, se serait d’ailleurs déjà inscrite sur la plateforme. « Quand on est seuls, on a tendance à se disperser, note Johann, 39 ans, qui travaille dans le théâtre. A plusieurs, c’est moins facile d’allumer la télé… On se cadre ! »

« Voir personne de la semaine, c’est long, renchérit Laetitia, 28 ans, qui a créé une société d’assistance administrative et commerciale. Ici, il y a de l’échange : on peut trouver des conseils, des contacts, se faire un nouveau réseau… »

Pour la recherche d’emploi aussi

C’est aussi autour de cette idée que s’est développée la plateforme Cojob, à Paris et maintenant à Nantes. L’association, qui permet aux jeunes diplômés de créer des groupes de recherche d’emploi organise ce jeudi après-midi, place du Commerce, une sensibilisation au « cosearching ». « On milite pour la recherche collective, s’enthousiasme Matthieu Fleurance, le président de l’association. C’est en se rencontrant, chez les uns les autres ou dans les cafés que l’on trouve les opportunités. On ne croit pas à la concurrence ! »

L’association organise aussi des sessions de deux semaines pour encadrer les « jobbeurs ». L’après-midi sont proposées des « missions de bénévolat » afin de mobiliser et développer ses compétences, même si l’on est pas encore dans le monde du travail.