Notre-Dame-des-Landes: Dix idées reçues sur le nouvel aéroport passées au crible

AEROPORT Le point sur les vérités et contre-vérités régulièrement entendues au sujet de l'aérogare et des équipements envisagés à Notre-Dame-des-Landes...

Frédéric Brenon

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Image de synthèse du projet d'aérogare à Notre-Dame-des-Landes Lancer le diaporama

Image de synthèse du projet d'aérogare à Notre-Dame-des-Landes — JFA-AGO

Le gouvernement doit rendre ces prochains jours une décision «claire et définitive» concernant le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Le projet, qui divise les habitants de Loire-Atlantique, est devenu un symbole à l’échelle nationale. Pourtant, peu de gens savent à quoi ressembleraient vraiment l’aérogare et les équipements prévus par le dossier de construction. 20 Minutes a fait le tri parmi les idées reçues.

1) L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes va doublonner avec Nantes-Atlantique… FAUX. Contrairement à ce qu’on peut encore entendre dire parfois, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, s’il voit le jour, ne viendrait pas concurrencer directement l’actuel aéroport de Nantes mais le remplacer. En revanche, il est vrai que la piste de Nantes-Atlantique serait maintenue pour les vols fret d’Airbus, voire certains petits vols non commerciaux (privés, clubs, etc.).

2) L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes va bétonner 1650 hectares… FAUX. Si la superficie du projet ayant fait l’objet d’une déclaration d’utilité publique (DUP) porte bien sur 1.650 ha, l’emprise aéroportuaire s’étend, elle, sur 1239 ha. Les surfaces aménagées prévues à l'ouverture, selon le projet initial, étaient de 537 ha. Et sur ces 537 ha, 147 ha seraient « imperméabilisés, c’est-à-dire bitumés ». Le reste seraient des espaces verts et agricoles. Les surfaces aménagées sont toutefois vouées à s’agrandir au rythme de la croissance du trafic.

3) A Notre-Dame-des-Landes, on attendra moins pour prendre l’avion… VRAI, A PRIORI. Compacte et de plain-pied, l’aérogare serait « hyperfonctionnelle », promet le constructeur Vinci. Les déplacements s’articuleraient autour d’une « grande place » où cohabiteraient guichets, services et commerces. La présence de deux pistes autour de l’aérogare limiterait le temps de roulage des avions et faciliterait l’accès des passagers aux appareils.

4) L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes sera bien mieux équipé que Nantes-Atlantique… FAUX. S’il serait plus moderne que Nantes-Atlantique, l’aéroport ne serait pas forcément mieux équipé. Au contraire, selon Le Canard enchaîné, qui s’est procuré le permis de construire en cours d’instruction, la plupart des salles et équipements prévus (comptoirs d’enregistrement, espaces d’embarquement, passerelles…) seraient plus petits ou moins nombreux qu’aujourd’hui. Seules la salle de livraison des bagages et la galerie commerciale seraient plus vastes.

Image de synthèse du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Image de synthèse du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes. - ©JFA

5) L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes mettra des années à se remplir… FAUX. Imaginé pour accueillir de 5 à 9 millions de passagers par an, l’aéroport serait évolutif. Les infrastructures n’offriraient pas leur taille maximale dès l’ouverture. Leur agrandissement s’effectuerait par phases « grâce à un système d’installations modulables ».

6) L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes sera le plus économe possible en espaces… FAUX. Si l’aérogare s’annonce compacte, les parkings seraient deux fois plus grands (7.200 places contre 3.500 aujourd’hui) et, surtout, resteraient principalement étalés au sol. Les anti-aéroport dénoncent une « consommation de terres inutile ». Vinci se défend en évoquant le coût élevé des parkings silos.

7) Les bâtiments de l’aéroport seront plus respectueux de l’environnement… VRAI. Les bâtiments, classés Haute Qualité environnementale (HQE), consommeraient trois fois moins d’énergie que ceux de Nantes-Atlantique grâce, en particulier, à un éclairage et un chauffage naturels. La toiture, comme les parkings, serait végétalisée. Un dispositif de récupération des eaux de pluie est aussi prévu.

Image de synthèse du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Image de synthèse du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. - AGO

8) L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes n’a pas besoin de deux pistes… VRAI et FAUX. Les deux pistes de 2.750 m et 2.900 m, au lieu d’une seule de 2.900 m à Nantes-Atlantique, permettraient, selon Vinci, de « diminuer le temps de roulage des avions et donc d’économiser de l’attente et du carburant ». Elles ne seraient pas parallèles, afin de « limiter le survol des bourgs voisins ». Elles ne permettraient pas, en revanche, le décollage régulier de gros-porteurs, tels l’A380. Les experts missionnés début 2016 par la ministère de l’Ecologie avaient, de leur côté, estimé que le projet à deux pistes était « surdimensionné » et qu’une une seule piste de 2.900 m « répondrait aux besoins au-delà de 9 millions de passagers ». Le rapport des médiateurs, rendu mi-décembre 2017, considère toutefois que la piste unique présente plus d’inconvénients que d’avantages.

9) On pourra aller en train à Notre-Dame-des-Landes… FAUX, DANS UN PREMIER TEMPS. Faciliement relié à la RN165 (2x2 voies Nantes-Vannes) et à la RN137 (2x2 voies Nantes-Rennes), l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne disposerait à son ouverture que de navettes bus desservant l’agglomération nantaise. Une liaison de tram-train, connectée à la ligne Nantes-Châteaubriant, est évoquée dans un second temps, mais son financement (150 à 200 millions d’euros) et son calendrier ne sont pas arrêtés. On parle aussi d’une éventuelle connexion TGV sur une nouvelle voie ferrée Nantes-Rennes. Mais rien n’est envisagé avant 2030.

10) A Notre-Dame-des-Landes, on aura plus de vols et on pourra s’envoler pour New-York… FAUX, A PRIORI. En réalité, ce sont les clients et les compagnies aériennes qui font le marché. Quel que soit l’aéroport, si celui-ci est jugé fonctionnel, c’est le volume de passagers et la stratégie de développement des compagnies qui décident de l’ouverture ou de la fermeture de lignes. Certes, la zone de chalandise s’agrandirait avec un rapprochement vers la Bretagne, mais il est peu probable que cela suffise à convaincre un opérateur d’ouvrir une liaison directe vers les Etats-Unis.