Nantes: La direction de la TAN appelle ses salariés à reprendre le travail

TRANSPORTS Le trafic devrait de nouveau être fortement perturbé ce mardi par un mouvement de protestation contre les agressions...

Frédéric Brenon

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Un tramway de la TAN à Nantes (illustration)
Un tramway de la TAN à Nantes (illustration) — FABRICE ELSNER/20MINUTES

Le trafic des tramways et bus du réseau nantais devrait de nouveau être fortement perturbé ce mardi en raison d’un mouvement de protestation des conducteurs et contrôleurs de la TAN « contre les rodéos, agressions et actes de vandalisme » qui pourrissent leur quotidien et celui des usagers. Une partie du personnel de la Semitan a en effet voté la reconduction jusqu’à ce mardi soir de l’arrêt de travail entamé lundi matin à la suite d’une agression survenue samedi soir.

Un mode d’action désapprouvé par la direction de l’entreprise, laquelle appelle les salariés à reprendre le service. Solidaire de son personnel lundi, la direction n’entend pas, cette fois, rémunérer la journée des agents qui refuseraient de circuler.

Pas de service le soir de la Fête de la musique

« Autant je comprends l’exaspération du personnel concernant ces faits intolérables, autant je déplore la méthode, justifie Alain Boeswillwald, directeur de la TAN. Interrompre le trafic une journée après une agression, le public peut comprendre. Mais, au-delà, on risque de rompre le lien entretenu avec nos clients. Nous avons proposé d’arrêter le service à 20h30 ce mardi. C’est déjà un geste fort un soir de Fête de la musique. On verra bien ce que feront les conducteurs. Ils sont libres et responsables. »

De leur côté, les syndicats prévoient que le mouvement sera de nouveau fortement suivi ce mardi. « Bien sûr, nous sommes conscients de la gêne occasionnée. Mais, à un moment, il faut que les pouvoirs publics se bougent en mettant des moyens adaptés. Je pense qu’ils ne se rendent pas compte de la réalité du terrain », insiste Ronan Gilbert, délégué syndical CGT à la TAN.

Pas de remède miracle

Lundi, la direction de la Semitan a rencontré des représentants de la police nationale et de la ville de Nantes. La police s’est engagée à repositionner ses effectifs là où les problématiques d’insécurité et d’incivilités sont les plus fortes. Les effectifs de la police municipale seront également renforcés par la création annoncée de l’îlotage dans les quartiers. Enfin, la mairie de Nantes a indiqué que des études étaient en cours pour le déploiement d’un système de vidéo-protection.

« Les pouvoirs publics répondent qu’ils ne peuvent pas faire mieux, explique Alain Boeswillwald. Il n’y a pas de remède absolu. Les moyens de la police sont ce qu’ils sont, on ne peut pas avoir des agents partout. J’aimerais aussi que la situation se traduise par une vraie prise de responsabilité des citoyens. »