Nantes: Pourquoi la filière numérique n'a pas fini de se développer

ECONOMIE Derrière le Web2day, ce gros événement des pros du web qui démarre ce mercredi, se cache sur la métropole nantaise un bouillonnant écosystème...

Julie Urbach

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La scène du Web2day
La scène du Web2day — William Jezequel

C’est devenu l’un des plus gros événements du numérique en France : le Web2day, ce rendez-vous de professionnels du web démarre pour une huitième édition à partir de ce mercredi et pour trois jours de conférences, ateliers et autres concours de start-up.

Alors que cette année, au moins 3.000 participants de France et de l’étranger sont attendus (un nouveau record de fréquentation), l’engouement pour cet événement est aussi le signe d’une filière en pleine forme sur la métropole.

Des emplois en nombre…

Les chiffres du numérique donnent le tournis : avec la croissance la plus rapide en termes de créations d’emplois, la filière en engloberait près de 21.000 sur la métropole nantaise en 2014, soit 7,5 %. Une tendance qui devrait même s’accélérer dans les prochaines années alors que Nantes a reçu le label French Tech il y a un et demi, et s’est fixé l’objectif de 10.000 nouveaux postes en dix ans. « Environ 1.200 ont déjà été créés l’an dernier et nous sommes très confiants pour la suite », observe Adrien Poggetti, président du réseau d’entreprises Atlantic 2.0.

… qui ne devraient pas s’arrêter

Car si de grosses entreprises comme Accenture ou Sopra Steria ont toujours besoin de nouveaux effectifs, les start-up, en tout cas celles qui s’en sortent, partent aussi à la chasse aux talents. A Nantes, des structures comme Lengow ou iAdvize grossissent à vitesse grand V et ont encore fait récemment part d' impressionnantes levées de fonds et du recrutement prochain de centaines de collaborateurs.

Le centre de services d'Accenture à Nantes emploie en majorité des informaticiens.
Le centre de services d'Accenture à Nantes emploie en majorité des informaticiens. - F. Brenon / 20 Minutes

« Il s’agit de profils de développeurs ayant des compétences techniques, mais pas que, explique Adrien Poggetti. Le numérique est vraiment un vecteur de développement économique car il ouvre aussi des postes dans les domaines de la communication, des ressources humaines, de la comptabilité… »

Des lieux pour les accueillir

Au Start up Palace, on avait aussi flairé ce coup d’accélérateur. Mais on ne pensait pas que ça irait aussi vite. Car le lieu, qui propose depuis un an un programme d’accueil et de coaching destiné aux start-up, dans des locaux de 1.000 m2 situés quartier Graslin, est déjà saturé. « On voit de plus en plus de porteurs de projets arriver, avec un besoin d’accompagnement, explique Antoine Dumont, cofondateur de cette sorte d’incubateur privé. En un an, 130 événements ont déjà été organisés ici. Tout va très vite et à Nantes, le dynamisme est contagieux ! »

Dans les locaux du Startup palace
Dans les locaux du Startup palace - Startup palace /DR

Alors que ce nouveau lieu pourrait donc déménager pour s’agrandir, d’autres structures en lien avec le digital vont suivre le même chemin. La Cantine numérique devrait atterrir en 2017 dans de nouveaux locaux au sein du quartier de la création, où une pépinière d’entreprises est aussi prévue.

De nouvelles formations

« L’objectif est de mettre Nantes sur la carte des places européennes les plus dynamiques pour attirer les start-up et les entrepreneurs parisiens », s’enthousiasme Adrien Poggetti. Mais il faut aussi former des professionnels sur place. Dès la rentrée, neuf nouvelles formations « Grande école du numérique », gratuites, ouvriront dans la cité des Ducs pour des métiers de technicien, développeur ou intégrateur.