HBC Nantes: La lettre d'au revoir très émouvante d'Alberto Entrerrios

HANDBALL L'arrière gauche espagnol du HBCN (39 ans), au palmarès exceptionnel, a confirmé, avec beaucoup d'émotions, qu'il mettait fin à sa carrière de joueur professionnel ce mercredi...

David Phelippeau

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NANTES, le 03/10/2012 ENTRERRIOS, joueur du H lors du match contre Tremblay en France
NANTES, le 03/10/2012 ENTRERRIOS, joueur du H lors du match contre Tremblay en France — FABRICE ELSNER/20MINUTES

Séquence émotions, ce mercredi, à la Trocardière. En présence de l’ensemble de l’équipe du HBCN et de beaucoup de salariés du club, Alberto Entrerrios (39 ans), Nantais depuis 2012, a officialisé son arrêt de carrière professionnelle en fin de saison. L’arrière gauche espagnol a été étincelant lors de sa vie de sportif (champion du monde avec l’Espagne en 2005 et 2013, trois Ligue des champions, sept titres de champion d’Espagne…), mais il aura aussi brillé lors de sa sortie.

Dans un silence de cathédrale, avec quelques trémolos dans la voix, il a lu une lettre d’au revoir. Morceaux choisis du discours de celui qui restera sans aucun doute l’un des hommes les plus marquants de l’histoire du HBC Nantes.

Alberto Entrerrios, entouré du président Gaël Pelletier (à gauche) et de son coach Thierry Anti.
Alberto Entrerrios, entouré du président Gaël Pelletier (à gauche) et de son coach Thierry Anti. - G.Louis

>> 30 ans consacrés au hand

« La rédaction de ce discours est sans aucun doute "le match" le plus difficile auquel je me suis confronté. Mais après 22 saisons au plus haut niveau, et plus de 30 années liées au handball, je suis sûr qu’à 39 ans, c’est le meilleur moment pour terminer ma carrière. »

>> La tête ne suit plus, il dit stop

« L’âge, les blessures, les déplacements, les stages, les entraînements, les matchs ou la préparation physique ne sont pas les raisons pour lesquelles je prends cette décision. La vraie raison qui me conduit à arrêter c’est ma tête. Le handball m’a donné tant de bonnes choses toute ma vie que maintenant je ne me sens plus capable de me fixer de nouveaux objectifs en tant que joueur, et évidemment, un sportif sans objectif ne peut pas être compétitif. »

>> Une carrière dorée

« Des villes comme Gijón, Oviedo, Léon, Barcelone, Ciudad Real, Madrid et Nantes ont été ma maison pendant un certain moment de ma vie et je me suis toujours senti bien aimé. Je suis fier d’avoir fait partie de l’équipe nationale espagnole pendant plus de 15 ans, 8 championnats du monde, 7 Championnats d’Europe, 2 Jeux olympiques et 240 matchs. J’ai gagné beaucoup de titres et j’en ai également perdu beaucoup d’autres, mais c’était merveilleux d’être dans toutes ces finales, en riant ou en pleurant. Je ne regrette rien. »

>> Un poignant hommage à sa famille

« Je dois tout à ma famille. Je ressens encore et toujours la chance d’être né dans une famille exemplaire, et sans eux, je n’aurais jamais rien eu de ce que j’ai aujourd’hui. A mon frère Raul : je te devrais toujours ton soutien et ton admiration, à ma sœur Marta, ton humilité et ta tendresse, à mon père, ton caractère et ta protection, et à ma mère… ma vie. Je souhaite que tu puisses sentir combien tu me manques dans un jour tellement spécial comme aujourd’hui. »

>> Un joli message à sa femme

« Le handball m’a emmené à Ciudad Real, et là-bas, j’ai trouvé la femme de ma vie, Silvia. Ces moments sont durs et parfois je me rends compte seulement à travers ses yeux combien cet adieu est difficile. Tu m’as donné le meilleur de toi-même, toujours attentive à mes besoins, sans penser à toi. Je te remercie d’avoir partagé avec moi tout ce long chemin en laissant derrière toi la famille, les amis, le travail… Merci de me donner les deux plus belles petites choses dans le monde, Daniela et Adrian. Je vous aime. »

>> Et maintenant, que va-t-il faire ?

« Demain [jeudi soir, contre Nîmes], je mets fin à une très belle étape dans ma vie et une partie de moi y restera pour toujours, mais il s’ouvre aussi un nouveau chemin. A partir de la saison prochaine, je ne sais pas où vous allez me trouver. Peut-être près du terrain de jeu [il prépare des diplômes d’entraîneur], peut-être dans les tribunes ou peut-être profitant d’un repos mérité, mais toujours au service du handball, car il m’a tout donné. »