Loire-Atlantique: L'arrêt complet de la raffinerie de Donges est imminent, Total menace

LOI TRAVAIL La grève se poursuit sur les sites de la raffinerie et du dépôt de carburant de Donges. La direction de Total est très remontée...

Frédéric Brenon

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La raffinerie Total de Donges, confrontée à la grève de son personnel, le 25 mai 2016. JS Evrard/AFP Lancer le diaporama
La raffinerie Total de Donges, confrontée à la grève de son personnel, le 25 mai 2016. JS Evrard/AFP — AFP

Malgré la grogne grandissante des automobilistes et chefs d’entreprise, les salariés grévistes de Donges restent « déterminés » dans leur lutte contre le projet de loi Travail. Ce mercredi, ils poursuivent la grève à la raffinerie Total. Même situation, juste à côté, sur le dépôt de carburant de la SFDM, qui bénéficie du soutien physique de salariés du bassin nazairien (aéronautique, navale, dockers…). Seul l’approvisionnement pour les véhicules de secours est toléré.

Le dépôt sera-t-il débloqué ?

« Le gouvernement est aux abois, on ne va pas lâcher avant d’obtenir le retrait de la loi ou un référendum », assure Fabien Privé Saint-Lanne, délégué syndical CGT de la raffinerie.

Même s’ils sont tous en grève, les salariés du dépôt de la SFDM craignent une intervention des forces de l’ordre, comme cela a été le cas à Fos-sur-mer (Bouches du Rhône) et Douchy (Nord) dernièrement. Un seul employé (intérimaire par exemple) suffirait en effet pour approvisionner les camions. « Cela serait une atteinte grave au droit de grève », prévient la CGT, qui précise toutefois qu’elle « n’opposerait pas de résistance ».

Pas de reprise d’activité avant quatre à cinq jours

Quant à la raffinerie Total, touchée par la grève de son personnel de production, elle sera complètement à l’arrêt ce jeudi matin. Une première pour le deuxième site pétrolier français depuis son grand arrêt technique du printemps 2015.

« Il faudra quatre à cinq jours pour la remettre en route. Cela signifie que, quel que soit le scénario, il n’y aura pas de production avant mardi », explique Fabien Privé Saint-Lanne.

« La remise en activité après un arrêt complet nécessite en effet plusieurs jours, confirme-t-on du côté de Total. Ces manœuvres sont extrêmement compliquées, fastidieuses, coûteuses et également dangereuses. Une raffinerie tourne normalement 24 heures sur 24. »

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Total menace Donges

Mardi, le PDG de Total, Patrick Pouyanné a menacé de revoir les investissements prévus pour restructurer le secteur, notamment à Donges, si la grève persistait. Des propos confirmés dans l’entourage de la direction du groupe, ce mercredi. « La grève, pour un sujet qui ne concerne pas Total, ne passe pas du tout, confie une source proche du directoire. Encore moins à Donges compte tenu des investissements prévus sur la raffinerie [400 millions] alors qu’elle perd de l’argent. Patrick Pouyanné ne dit pas les choses en l’air, ce n’est pas le genre de la maison. »

Du côté de la CGT, on ne s’alarme pas pour autant. « C’est sûr, les patrons du pétrole en ont marre des tergiversations du gouvernement. Mais les investissements prévus sur Donges, c’est pour 2020. Il y a encore du temps pour en discuter », estime Christophe Hiou, délégué syndical de la raffinerie.