Lyon, le 24 mai 2016
illustration carburan
Lyon, le 24 mai 2016 illustration carburan —

ECONOMIE

Pénurie d'essence: Une situation «très tendue» pour les entreprises de Loire-Atlantique

La CCI de Nantes-Saint-Nazaire craint du chômage partiel si le manque de carburant perdure dans le département...

Bientôt une semaine que ça dure. Alors que depuis vendredi, des quotas de carburant ont été décidés par le préfet de Loire-Atlantique et que les files d’attente aux stations essence sont toujours aussi longues, les acteurs économiques tirent la sonnette d’alarme.

« Il y a un gros ras-le-bol de l’ensemble des chefs d’entreprise et de leurs salariés, déplore Jean-François Gendron, président de la CCI Nantes-Saint-Nazaire. La situation est très tendue, beaucoup commencent à envisager du chômage partiel. » La CCI appelle d’ailleurs les entreprises à un rassemblement vendredi à 11h devant la préfecture, pour dénoncer cette situation.

Entreprises au ralenti

« Cela fait plusieurs années qu’on tente de garder la tête hors de l’eau. La CGT, qui dit souhaiter sécuriser le travail, nous donne le coup de grâce, s’énerve Christophe Desarthe, le président de la CGPME de Loire-Atlantique. Résultat, certains chefs d’entreprise vont mettre la clé sous la porte dès la fin de la semaine. »

Selon les représentants économiques, beaucoup d’entreprises du territoire fonctionnent déjà au ralenti. « Les marchandises ne sont plus livrées, les collaborateurs arrivent une heure en retard et repartent plus tôt pour essayer de trouver de l’essence, continue le président de la CGPME. Des commandes sont annulées, on ne peut plus assurer le service… »

« On n’a aucune visibilité »

Dans les sociétés qui ne peuvent se passer de véhicule, on tente de s’organiser. « On a dû reporter des cours pour garder un maximum de carburant, en donnant la priorité à ceux qui passent l’examen, témoigne Patricia Berly, gérante de Versailles conduite, une auto-école nantaise. On a encore une journée ou deux d’autonomie pour nos trois voitures, mais c’est tout. On n’a aucune visibilité, ce qui nous panique énormément. »

Pour les taxis, la situation s’est améliorée car les professionnels ont été rajoutés, lundi, à la liste des véhicules prioritaires. Ceux-ci ont le droit d’accéder aux stations essence réquisitionnées dans l’agglomération (comme la police ou les pompiers) et peuvent faire le plein complet. « Heureusement car attendre des heures pour mettre 20 litres, c’était invivable, indique Philippe Bely, du syndicat des artisans taxis. Certains collègues étaient à sec et n’ont pas pu travailler pendant plusieurs heures. »

Des pompes réservées pour les entreprises ?

Ce mercredi, la grève et le blocage continuaient sur le site de la raffinerie de Donges. Si le gouvernement a plusieurs fois répété qu’il n’y a « pas de pénurie », « 140 stations-service (sur 241) ont connu une rupture dans leur fonctionnement mardi », indiquait la préfecture de Loire-Atlantique, « contre 151 lundi matin ». La situation ne semble donc pas vraiment s’améliorer.

« L’Etat doit prendre les bonnes décisions, autrement le tribunal de commerce va être bien encombré, ne décolère pas Christophe Desarthe. Le droit de manifester existe, mais pas celui de bloquer la France. » La CCI entend demander au préfet le déblocage du site de Donges ou au moins de « réserver des stations essence pour les véhicules d’entreprises ».