Pénurie d’essence: Le week-end de galère des automobilistes nantais

SOCIAL Depuis ce week-end, de nombreuses stations service sont à sec dans l'agglomération nantaise. Celles qui sont toujours ouvertes sont prises d'assaut...

Julie Urbach

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La station Paridis à Nantes fermée dimanche matin
La station Paridis à Nantes fermée dimanche matin — J. Urbach/ 20 Minutes

Par dépit, elle s’est arrêtée à Esso, route de Sainte-Luce, malgré une station déserte et un panneau lumineux qui affiche des prix nuls. Après avoir écumé une dizaine de pompes à essence, ce dimanche matin à Nantes, Leila ne sait plus quelle stratégie adopter. « C’est la voiture d’une copine, explique la jeune femme, un jerrican à l’arrière. La mienne est vide. Mais là aussi, j’arrive sur la réserve. Je ne sais pas où aller, encore moins comment je vais me rendre au travail demain… »

Comme pour de nombreux automobilistes du Grand Ouest ou d’autres régions, ce week-end, le besoin en carburant commence à se faire sentir. Alors que sur les 241 stations de Loire-Atlantique, 70 étaient à sec et 80 sous tension vendredi, la situation semble s’être compliquée ce week-end, bien que les camions-citernes ont été autorisés à circuler. Les grandes stations qui distribuaient encore du carburant samedi, comme Leclerc Paridis ou Auchan Saint-Sébastien par exemple, n’en délivraient plus une goutte ce dimanche matin. D’immenses files d’attente ont été signalées perturbant parfois la circulation des voitures et transports en commun.

Une demi-heure d’attente

Alors que les salariés de la raffinerie de Donges ont voté, vendredi, l’arrêt des installations pour une semaine, certaines stations ont tout de même pu être réapprovisionnées. Depuis samedi matin, 7 heures, les quatre pompes de la station Total du boulevard Schuman sont sollicitées sans relâche. « Plus de 4.000 litres de gasoil sont partis en une journée, je n’ai jamais vu ça », commente Corentin, l’employé de la station qui délivrait encore essence et diesel ce dimanche midi.

A Nantes, les rares stations ouvertes sont prises d'assaut
A Nantes, les rares stations ouvertes sont prises d'assaut - J. Urbach/ 20 Minutes

Si certains automobilistes sont venus compléter leur réservoir « au cas où », beaucoup n’ont pu atteindre le plein avec la limite de 20 litres maximum par véihcule imposée par la préfecture, vendredi. « J’étais dans le rouge mais je vais utiliser au maximum mon vélo cette semaine, explique Adrien, qui règle sa facture de 24,08 euros après une petite demi-heure d’attente. « Les gens sont compréhensifs, ça se passe plutôt bien, remarque Corentin, de la station-service. Même si certaines personnes font la queue une deuxième fois pour se resservir. »

Pensez aux réseaux sociaux

Si le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies, a promis qu’il n’y aurait pas de pénurie d’essence, reste à savoir comment s’organisera cette semaine le réapprovisionnement des stations du département, via d’autres dépôts, dont certains ont été débloqués. En attendant, les bons plans continuent de s’échanger sur les réseaux sociaux. « Il faut être réactif, indique Franck, un Nantais. Mais c’est vraiment super pratique. A part téléphoner aux stations, encore faut-il que ça réponde, c’est l’un des seuls moyens que j’ai trouvé pour ne pas errer pour rien. » En fin de journée, dimanche, la préfecture a assuré que les réapprovisionnements reprendraient «de manière soutenue» dès lundi matin.