Nantes: Près de 200 policiers ont manifesté pour dire « stop aux violences »

MANIFESTATIONS Les policiers ont exprimé leur «ras-le-bol» ce mercredi devant le commissariat Waldeck-Rousseau à Nantes...

F.B.

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Manifestation de policiers devant le commissariat Waldeck-Rousseau à Nantes, le 18 mai 2016 / JS Evrard
Manifestation de policiers devant le commissariat Waldeck-Rousseau à Nantes, le 18 mai 2016 / JS Evrard — AFP

Ils se sont rassemblés, malgré une pluie battante, devant le commissariat Waldeck-Rousseau à midi. Près de 200 policiers, la plupart réunis à l’appel de leurs syndicats, ont exprimé ce mercredi leur « ras-le-bol des violences » perpétrées lors des manifestations contre le projet de loi travail. Quelques citoyens sont également venus « en soutien ».

« Il était essentiel de rassembler la famille police, explique Stéphane Léonard, délégué Loire-Atlantique du syndicat SGP-Unité. Nous retrouver ici côte à côte, c’est la démonstration d’une indignation et l’exposition de notre colère. Qui s’est ému des blessés dans nos rangs ? Le procès en sorcellerie qui nous est fait est purement inadmissible »

« Un jour, il va y avoir un mort »

« La France debout, ce n’est certainement pas les voyous qui cassent. La France debout, ce sont les forces de sécurité qui protègent les biens. La police, ce n’est ni la haine, ni la violence. Les femmes et les hommes qui protègent le pays sont en droit d’attendre un soutien sans faille », commente Thierry Spitz, secrétaire régional du syndicat Alliance.

« Nous sommes des humains qui exerçons simplement notre métier. Certains d’entre nous sont eux-mêmes opposés à la loi travail. Il y en a ras le bol d’être pris pour cible comme c’est le cas depuis deux mois. On nous jette des pierres, on brûle une voiture, ce qui était exceptionnel par le passé devient normal. On a vu chez certains une volonté de tuer. Ça suffit ! Un jour, il va y avoir un mort », s’alarme Thierry Audouin, secrétaire départemental du syndicat FPIP-CFTC.

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Plusieurs policiers évoquent la fatigue physique et nerveuse grandissante. « La prolongation de l’état d’urgence, le manque cruel d’effectif et la pression d’une certaine hiérarchie sont générateurs d’épuisement chez nos collègues », confirme Stéphane Léonard qui demande les « moyens matériels et humains nécessaires » et une revalorisation salariale.

D’autres reprochent à leur hiérarchie de pas leur permettre d’intervenir suffisamment tôt. « On a les moyens d’interpeller davantage en amont, d’éviter certaines violences, mais on laisse faire. Le fait d’avoir le visage dissimulé dans la rue, c’est interdit, par exemple. Il ne devrait pas y avoir besoin d’attendre que ça dégénère pour intervenir », reproche Thierry Audouin.