FC Nantes: « Le président Kita m'a garanti la plus grande autonomie...», explique René Girard

FOOTBALL Le nouveau coach nantais a tenu sa première conférence de presse, ce mardi matin, au stade de la Beaujoire…

David Phelippeau
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Le nouvel entraîneur René Girard a été présenté ce mardi matin, en compagnie du président Waldemar Kita.
Le nouvel entraîneur René Girard a été présenté ce mardi matin, en compagnie du président Waldemar Kita. — D. Phelippeau / 20 Minutes

René Girard, le successeur de Michel Der Zakarian, a été présenté à la presse, ce mardi midi, au stade de la Beaujoire. Il est venu accompagné de ses deux adjoints, son fils Nicolas et Gérard Bernardet. Girard (62 ans), sans club depuis un an, n’a pas dissimulé sa joie d’avoir retrouvé un nouveau projet sportif. Entretien.

Pourquoi avoir choisi le projet nantais ?

Il y a beaucoup de motivations. La première, c’est le sportif. Quand on fait le bilan des équipes françaises, il n’y en a pas beaucoup qui peuvent vous fournir ce que le FCN peut vous fournir. A 62 ans, je n’ai plus de temps à perdre. Après Montpellier (champion de France en 2012) etLille, c’était l’idéal de venir ici. Beaucoup de conditions sont réunies ici. Un centre d’entraînement, un stade, un public, une région de football… Comme je suis un passionné, c’est tout ce qu’il me fallait. Nantes est une terre de football. Ce club représente quelque chose dans le football français. Il m’a paru proche de ce que j’attendais, à 62 ans.

Le banc vous manquait ?

Oh oui… Parce je ne suis pas usé. J’ai passé 10 ans à la DTN et là, je viens de passer une année sabbatique. Je suis en pleine bourre. Tout va bien. Je suis prêt à mordre. J’ai une grinta qui n’a pas bougé. On est des compétiteurs. Et puis, aller à la pêche et jouer à la pétanque, ce n’est pas trop mon truc… Je vais essayer de continuer le travail qui a été fait ici.

Quel objectif vous a-t-on fixé ?

Minimum second (rires). Le top 10 serait déjà quelque chose de super. Paris, Lyon et Monaco paraissent intouchables. Et derrière, rien n’est impossible. Si on peut franchir un cap, on ne va pas se gêner.

Une partie du public a fait part de sa défiance vis-à-vis de vous depuis que votre nom a été cité. Qu’en pensez-vous ?

Ça fait toujours réfléchir. La première question qu’on se pose c’est « Pourquoi ? ». Mais ne mélangeons pas les supporters et les twittos. Ce sont deux choses différentes. J’ai beaucoup de respect pour les supporters, beaucoup moins pour les twittos parce que Twitter est une façon de se cacher, c’est très peu courageux. C’est même un peu n’importe quoi. Pour les supporters, s’il le faut, on pourra en discuter. Si je suis venu à Nantes, c’est parce que je respecte ce club.

Ces critiques vous ont surmotivé ou dérangé ?

Je suis un peu con… J’ai plutôt tendance à aimer aller dans le dur. C’est le nouveau côté du foot en général. Les supporters veulent exister, être là, avoir leur mot à dire. Moi, je leur dis : « Travaillons ensemble, et puis on verra après ce qu’il se passe ! » Je peux dire aux supporters que je suis un laborieux, un travailleur et que je vais mouiller le maillot pour le club.

Pourquoi avez-vous cette étiquette de coach défensif ?

On joue toujours avec les mots : football total, offensif, défensif… C’est le rêve ça. Je sais d’où vient cette étiquette. Les étiquettes et les bruits de couloir, il y a des gens qui les entretiennent. J’ai passé une saison à Lille durant laquelle beaucoup de gens se sont occupés de faire passer des choses sur moi. Ce que je peux dire c’est qu’on essaiera de jouer le foot le plus complet possible. Par ailleurs, Nantes est avant tout une école de foot, avec les entraîneurs Vincent, Suaudeau, Denoueix… Je sais qu’il y a de bons jeunes, ici, et on va s’appuyer sur eux. Il serait dommage d’aller chercher des joueurs pour aller chercher des joueurs.

Vous et Waldemar Kita, vous êtes deux hommes de caractère. Ne craignez-vous pas que ça fasse des étincelles ?

Il vaut mieux des gens de caractère qui savent ce qu’ils veulent plutôt que des béni-oui-oui. Moi, je suis venu ici pour travailler car le président me voulait. On s’est mis d’accord sur certains points. Il m’a garanti la plus grande autonomie. Si vous regardez ma carrière, j’ai connu Claude Bez, Kader Firoud, Louis Nicollin - après c’était plus dans la douceur avec Michel Seydoux -. Je savais que cette question me serait posée aujourd’hui. Mais, à ce jour, il n’y a pas de problème.

Le président Kita vous a-t-il assuré que vous serez le seul décideur technique ?

Un président est un président. On lui doit le respect. On échangera. Mais, c’est sûr que j’ai envie de mettre mon empreinte sur le recrutement. Il y a aura pas mal de départs et d’arrivées. C’est l’opportunité d’apporter un vent nouveau et de la fraîcheur.

Le président Kita a déjà dit qu’il n’aurait jamais confiance en un entraîneur…

Moi, il ne m’a pas dit ça en tout cas.

Quelles sont les valeurs qui vous animent ?

Le travail, le travail et le travail…