Saint-Nazaire : L'«Harmony» a pris la mer sans fausse note

ÉVÉNEMENT Le plus gros paquebot du monde a quitté, ce dimanche, son lieu de naissance pour entamer une longue carrière de bateau de croisière…

M.L. & G. D.

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Harmony of the Seas
Harmony of the Seas — Bernard Biger / STX

Un départ sans fausse note pour l'« Harmony ». Dimanche, à 13h, le nouveau fleuron de la compagnie Royal Carribean International a pris la mer vers de nouvelles aventures. Une foule immense était venue assister au départ de l’Harmony of the seas sous un soleil radieux.

Larguez les amarres

A 13 heures pile, les amarres ont été larguées. Les remorqueurs ont ensuite pris en charge le monstre des mers pour lui faire quitter en marche arrière son cocon des chantiers navals STX, à Saint-Nazaire. L’Harmony of the seas, paquebot qui cumule tous les superlatifs, a pris doucement le chemin de Southampton, en Grande-Bretagne, où les premiers passagers embraqueront le 22 mai.

En trente-trois mois, la durée de la construction, les habitants de Saint-Nazaire ont eu le temps de s’attacher à ce bateau. Logiquement, beaucoup avaient fait le déplacement pour dire adieu à l’enfant du pays.

Comme la météo était idéale, les curieux ont préféré se rendre sur place plutôt que d’assister à l’événement pourtant retransmis en direct par différentes chaînes de télévision. Des dizaines de milliers de personnes étaient donc présentes aux abords du bassin, le long de la côte et même sur le pont de Saint-Nazaire. Certains avaient réservé les meilleures places depuis tôt ce dimanche matin.

Une demi-heure après que les amarres ont été larguées, l’Harmony était sorti sans encombres de la « forme C » et entamait un demi-tour au milieu du chenal. Une fois dans l’axe, les moteurs du paquebot ont pris le relais des remorqueurs et la bête s’en est allée. Au son impressionnant de ses cornes de brume, les spectateurs répondaient par des salves d’applaudissements.

L'ONG Robin des Bois dénonce

En revanche, la mise à l’eau de ce bateau ne plaît guère à l’ONG Robin des Bois qui y voit un symbole de la « croisière de masse » qui « pollue, obstrue et prend des risques ». « En cas de naufrage, d’incendie ou d’attentat, les moyens d’assistance et de sauvetage sont ridiculement sous-dimensionnés. Chaque lancement devrait être couplé avec la mise en service de remorqueurs et d’hélicoptères de secours affrétés par les armateurs. Malheureusement, quand le problème arrivera, ce sera aux navires sur zone et aux Etats riverains de se dépatouiller ».

L’Harmony of the seas devrait revenir dès cet été en France, à Cherbourg, lors d’une escale pendant une croisière.