FC Nantes: «J'aurais aimé avoir Sio, Briand et Germain cette saison...», regrette Michel Der Zakarian

INTERVIEW L’entraîneur nantais évite toute polémique et revient sur ses années nantaises…

David Phelippeau
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Le futur ex-entraîneur du FCN Michel Der Zakarian.
Le futur ex-entraîneur du FCN Michel Der Zakarian. — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Certains diront qu’il fait de la langue de bois. D’autres qu’il est tout simplement classe. L’entraîneur nantais Michel Der Zakarian, qui va quitter le FCN après quatre années, s’est longuement confié ce mardi. Sans aucune acrimonie, aucune rancœur et avec beaucoup de prudence - sans doute car il est encore sous contrat -, MDZ est revenu sur son aventure nantaise, son choix de stopper avec le club de son cœur ou encore sa collaboration avec le président Kita. Sur ce thème, aucun mot de travers, aucune attaque frontale, et beaucoup de retenue… Alors que son président a tiré à boulets rouges sur lui dans Ouest-France lundi, Der Zakarian prend le contre-pied et apaise la situation.

A quel moment avez-vous décidé de stopper avec le FCN ?

J’y avais pensé déjà en démarrant en début de saison. Petit à petit, je me suis dit qu’il fallait que je m’arrête. J’ai pris la décision de l’annoncer car ça traînait et il y avait beaucoup de bruits qui couraient.

Est-ce que c’est seulement votre collaboration compliquée avec le président qui vous a poussé à stopper ?

Je ne voulais pas faire l’année de trop. Je pense que j’ai rempli mon contrat avec Nantes. Il fallait arrêter. On n’était pas en phase avec le président et c’est tout à fait normal. On ne peut pas être toujours d’accord avec sa direction. Quand on sent qu’il y a des choses qui ne collent plus, il faut savoir s’arrêter et partir en bons termes… même s’il a été déçu de ma communication. Je souhaite maintenant le meilleur au FC Nantes. Ma fierté est d’avoir remis le club en L1 et de l’avoir maintenu trois ans de suite.

De quoi êtes-vous le plus fier ?

D’avoir ramené le public à la Beaujoire en 2012. Le public était fâché contre le club. On a eu une réunion en juin 2012. Les supporters voulaient une équipe qui montre des valeurs. On a su redonner l’envie au public de revenir au stade. Même à la grande époque nantaise, je n’ai jamais vu ce stade vibrer autant…

Waldemar Kita vous reproche de ne pas lui avoir présenté un projet en fin de saison pour poursuivre…

Dans ma tête, c’était acté qu’il fallait que j’arrête avec Nantes. On ne se parlait plus beaucoup avec le président. Je n’ai pas senti cette flamme pour continuer. On est des adultes. Il faut rester tranquilles. J’ai beaucoup de respect pour M. Kita par rapport à tout ce qu’il a investi dans le club. Il faut partir en bons termes. Il n’y a pas d’esclandre à faire.

Ça a été compliqué de travailler avec Waldemar Kita ?

Rien n’est compliqué. Il faut discuter avec lui, le convaincre sur certaines choses. Mais, je ne veux pas m’épancher plus que ça. On a bien collaboré. Il faut vraiment partir en bons termes.

Vous avez tenu quatre ans avec lui. C’est quoi votre secret ?

Je n’ai pas de secret. Il faut dialoguer avec lui. Il nous laisse travailler. Moi, j’ai bien travaillé avec les moyens que j’avais.

L’image forte que vous allez retenir de ces quatre ans ?

La remontée en 2013. C’était une grande fierté personnelle de revoir le stade, la ville comme ça. Nantes a besoin du FCN. C’est une belle vitrine. Tous ces gens heureux qui te remercient. Tous ces supporters seront gravés à tout jamais dans mon cœur. La relation que j’avais avec le public ici était grandiose.

Avez-vous eu le sentiment de tout maîtriser sur le plan sportif, notamment en matière de mercato ?

Les mercatos, on ne maîtrise pas tout. Il y a des joueurs qu’on vous impose. Certains qu’on m’a imposés ont été bons, d’autres moins bons. C’est la vie d’un coach. Il faut l’accepter. On a su tirer le maximum des joueurs avec le staff qui a été loyal avec moi. Je remercie tous les membres du staff du fond du cœur pour tout ce qu’ils ont fait. Aujourd’hui, je leur souhaite bon vent car on va se séparer.

Vous aviez des préférences au niveau des joueurs l’été dernier ?

J’aurais aimé avoir Sio, Briand et Germain… ça ne s’est pas fait. Sigthorsson est arrivé. Je n’avais rien contre lui. Il aurait pu faire une grande saison. Malheureusement, il n’a pas fait une grande saison.

Le FCN peut-il réussir avec Kita ?

C’est tout ce que je leur souhaite. J’espère que l’équipe retrouvera l’Europe.

Kita vous reprochait souvent de ne pas assez travailler…

Je pense qu’on a bien travaillé. On a fait le maximum. S’il faut travailler trois fois par jour avec les joueurs… Non, pour moi, ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. C’est moi qui dirige et planifie mes séances. Moi, j’ai fait le maximum que je devais faire avec le groupe que j’avais.

Il a aussi pointé du doigt votre difficulté à gérer de fortes personnalités ?

L’intégration de Sigthorsson a été difficile car il ne parlait pas français. Il est aussi arrivé blessé. On attendait plus de lui, la direction aussi. Cana, on a eu une très bonne entente. On a dit que je ne savais pas le gérer, au contraire, la gestion a été très bonne. On discutait souvent. Il a été exemplaire dans ce qu’il pouvait donner. C’est un grand joueur. Aujourd’hui, il arrive à la fin de sa carrière. Je suis très fier d’avoir travaillé avec lui, même si ce n’est pas moi qui l’ai choisi.

Quel projet recherchez-vous désormais ?

Une nouvelle aventure avec un nouveau club. J’ai envie de découvrir d’autres personnes. Pour l’instant, je n’ai rien (rires). Le marché ne bouge pas, le championnat n’est pas fini. Entraîner est ma passion. Je pense que Nantes m’a fait progresser.