Nantes: Après six mois d'expérimentation nationale, l'arrêt à la demande pérennisé

TRANSPORTS Les usagers des bus de nuit peuvent demander à descendre entre deux arrêts pour sécuriser leur trajet à pied...

Frédéric Brenon

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Un chronobus, la nuit, à Nantes.
Un chronobus, la nuit, à Nantes. — J. Urbach/ 20 Minutes

La mesure s’inscrivait dans leplan national de lutte contre le harcèlement sexiste dans les transports en commun. Après six mois d’expérimentation, Nantes métropole et la Semitan ont décidé de pérenniser l’arrêt à la demande sur l’ensemble des lignes de bus de nuit (à partir de 22h30). Une première en France, soutenue par le Ministère de l’Intérieur.

L’objectif de l’expérimentation était d’offrir la possibilité de « descendre entre deux arrêts à toute personne qui le demande, pour la rapprocher de sa destination, dans le but de la rassurer et de lui éviter un trop long trajet à pied à parcourir dans des espaces peu sécurisants la nuit », rappelle la TAN.

Assez peu de demandes

En six mois, une cinquantaine d’arrêts à la demande ont été effectués. Un chiffre jugé probant, même s’il paraît peu élevé. « Il n’y a pas foule mais on ne s’attendait pas à une foule. Si cela rend service à 50 personnes, je ne vois pas pourquoi on s’en priverait », commente Alain Boeswillwald, directeur de la TAN.

« C’est une pratique que les conducteurs faisaient mais sans cadre défini, maintenant il y en a un, se félicite Pascal Bolo, vice-président de Nantes métropole. Nous n’avions pas vraiment d’objectifs chiffrés. Au contraire ! Ces chiffres montrent que la ville est sûre et les arrêts pas trop éloignés des uns des autres. »

Surtout entre 23h et 1h du matin

Les principales lignes où l’arrêt a été demandé sont la C1 (21 % des demandes), la C4 (18 %), la C6 (16 %) et la 36 (14 %). Les demandes ont été faites essentiellement en fin de ligne, là où les arrêts sont les plus espacés, entre 23h et 1h. La descente s’effectuait uniquement par la porte avant. La décision du point précis de descente était prise par le conducteur qui jugeait de la pertinence et de la sécurité de l’arrêt.

Dans son bilan, la TAN ajoute n’avoir relevé aucun abus et qu’aucun client ne s’est officiellement plaint de ces arrêts. On ignore, pour l’heure, si le gouvernement souhaite désormais étendre la mesure au reste de la France.