Violences à Nantes: «Interdire les manifestations n'est pas la réponse», estime le préfet

SECURITE Le préfet de Loire-Atlantique Henri-Michel Comet a fait le point, jeudi, sur les débordements qui surviennent régulièrement dans le centre-ville de Nantes, en marge des défilés contre la loi travail...

Julie Urbach

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Nantes, le 19 février 2015, le préfet de Loire-Atlantique Henric-Michel Comet
Nantes, le 19 février 2015, le préfet de Loire-Atlantique Henric-Michel Comet — Frederic Brenon / 20 Minutes

Ce jeudi encore, pour la dixième fois depuis début mars, la manifestation contre la loi travail a donné lieu à des violences et des dégradations dans le centre-ville de Nantes. En fin de journée, la préfecture faisait état de 39 interpellations.

« Ces comportements qui se répètent sont intolérables, je rappelle ma plus grande fermeté quant à la lutte contre ces actes, a réagi le préfet de Loire-Atlantique Henri-Michel Comet lors d’une conférence de presse. Les forces de police ont essuyé des jets de boulons au lance-pierre dès le début du défilé, des cocktails molotov enflammés, des bouteilles… Des dégradations de véhicules, d’un deux-roues, d’au moins une vitrine et d’abribus ont été signalées ».

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Débordements et liberté de manifester

Alors que quelque 115 interpellations ont eu lieu depuis deux mois de mobilisation contre la loi travail, plusieurs voix se sont élevées ces dernières semaines pour demander au préfet de « prendre ses responsabilités » pour certains, de carrément « interdire les manifestations » pour d’autres. Le préfet leur a répondu ce jeudi.

« Ma responsabilité est de lutter contre tous les débordements, tout en préservant la liberté de manifester, explique Henri-Michel Comet. Interdire n’est pas la réponse. (…) Nous cherchons comment l’on peut juridiquement davantage prévenir ces violences, sans porter atteinte à l’un de nos principes républicains."

« Le nombre d’interpellations, c’est le témoignage qu’on est très présent et que les forces de l’ordre agissent pour protéger », a-t-il ajouté. L’une des réponses a aussi été la publication, à deux reprises dont ce jeudi, d’un arrêté « portant interdiction temporaire de port et transport d’objets pouvant constituer une arme par destination ». « On a vu une utilité, je reproduirais cette décision », a indiqué le préfet.