Nantes: Un urinoir écologique pour stopper les dégradations urbaines

ENVIRONNEMENT Afin de lutter contre les espaces souillés et vandalisés, la société nantaise Faltazi espère vendre des urinoirs secs…

Adrien Chauvin

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Un uritrottoir installé dans une ruelle.
Un uritrottoir installé dans une ruelle. — Faltazi

Arrêtez de vous soulager sur les murs, et venez arroser l’uritrottoir. Le principe de cet objet, créé par la société nantaise Faltazi, est d’uriner sur une botte de paille recouverte d’une structure métallique. Au bout de deux mois, celle-ci va être totalement imprégnée et commencera à se noircir. « En ouvrant le bac, on récupère ensuite la paille pour en faire du compost. C’est une solution écologique et sanitaire », expliquent les deux associés.

Adapté pour être implanté dans la rue, l’objectif de l’uritrottoir sera de diminuer le nombre de vandalisme, « mais ainsi de réduire l’odeur d’urine au niveau des bars ou restaurants », précise Victor Massip, cofondateur de l’entreprise, qui espère maintenant vendre son invention à des collectivités ou des entreprises.

Mission zéro odeur

Ce nouveau mobilier urbain mesure un mètre de hauteur et de largeur. Sa structure rectangulaire est en acier, et selon le cahier des charges de la ville ou de l’entreprise, il sera possible d’adapter le coloris. Pour ce qui est des possibles dégradations, « on utilisera une peinture anti-graffiti », précisent-ils. Concernant la question des odeurs, le carbone présent dans la paille et l’azote dans l’urine, permet, en plus de créer un bon engrais, d’éviter toute émanation.

Pour garder un aspect esthétique, et pour montrer le résultat de l’action, un jardinet a été aménagé au-dessus de l’objet afin de faire pousser des fleurs avec le compost produit.

De la paille va absorber l'urine pour ensuite créer du compost.
De la paille va absorber l'urine pour ensuite créer du compost. - Faltazi

Le prix de cet urinoir écologique est estimé à 500-600 euros. L'uritrottoir sera en totalité fabriqué par des artisans de la région. Bien que seule la ville de Toulouse a récemment approché Victor Massip et Laurent Lebot, ils espèrent révolutionner les rues avec leur invention.

La société nantaise n’en est pas à son premier coup d’essai. En 2013, elle avait installé des uritonnoirs (un mélange d’urinoir et d’entonnoir) au festival du Hellfest à Clisson.