FC Nantes: Der Zakarian, cinglant, lénifiant et bouillant à la fois

FOOTBALL Durant ses quatre saisons au FC Nantes, l'entraîneur nantais aura montré différents visages...

David Phelippeau

— 

L'entraîneur nantais Michel Der Zakarian.
L'entraîneur nantais Michel Der Zakarian. — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Au panthéon des coachs nantais, Der Zakarian ? Le simple fait de poser la question est exagéré. En quatre ans au FCN, Michel Der Zakarian n’a ni gagné de titres, ni imprimé un style de jeu. En revanche, il a réussi alors que beaucoup d’autres techniciens (sous l’ère Kita) s’étaient cassé les dents avant.

A son actif, une remontée en L1 (après une précédente en 2008), trois maintiens dans l’élite (avec pourtant une interdiction de recrutement), et par ricochet un stade qui retrouve sa ferveur.

>> A lire aussi : FC Nantes: Der Zakarian s'en va, que va devenir Ker Zadarian?

« Der Zoum » restera à tout jamais l’homme qui a remis le FCN à flot, celui avec qui 20 Minutes aimait aussi parler… météo (ça rime). « Dans le monde du foot, il y a beaucoup d’enculés, mais lui, n’en fait pas partie », disait Lucas Deaux en parlant de son coach en 2013 dans Ouest-France. Portrait à puces d’un meneur d’hommes et d’un technicien à la limite de la « schizophrénie ».

>> A lire aussi : FC Nantes: «Je n'ai plus envie de travailler avec Monsieur Kita», annonce Der Zakarian, qui partira en fin de saison

>> Der Zakarian, le cinglant

En quatre ans, il en a fait des sorties médiatiques sans concession. Un dimanche, en 2015, après un match sous tension gagné 1-0 contre Guingamp, il balance : « Il faut que les Guingampais arrêtent de chialer, on va leur acheter des Kleenex… » Quelques mois plus tard, il en proposera d’ailleurs aux supporters guingampais après un nul (2-2) à Roudourou. Toujours en 2015, il demande au consultant d’Infosport Geoffroy Garrétier « d’arrêter de dire des conneries ». Il n’a souvent pas épargné ses joueurs : « on a été nuls » ou « je ne supporte pas les gens qui dorment ». Les exemples sont légion.

>> Der Zakarian, le lénifiant

La répétition de son discours a fini par user certains de ses joueurs. Les journalistes ont pu aussi se rendre compte de l’absence de renouveau dans les mots avant ou après chaque match. Der Zakarian n’est pas un adepte de l’exercice de communication de la conférence de presse.

« On joue tous les matchs pour les gagner, il y a trois points en jeu », entend-on quasiment tous les jeudis dans la petite salle de presse de la Jonelière. « On n’a pas été efficaces, on a manqué de justesse dans le jeu », a le plus souvent analysé Der Zakarian lors de défaites. Avec une expression favorite quand sa formation ne voyait pas le jour : « Ils nous ont broyés ! »

>> Der Zakarian, le bouillant

Devant son banc, pendant les matchs, Der Zakarian est volcanique. Un jour, il a même avoué que lorsqu’il se revoyait à la télé, gesticulant et poussant des cris d’orfraie en permanence, il se trouvait « ridicule ». Plusieurs fois depuis quatre ans, il a été suspendu de banc de touche. Fin de 2015, lors d’un Nantes-Lyon (0-0), s'estimant privé d’un penalty, il se retourne brutalement et court furieux jusqu’à se retrouver dans les bras du… quatrième arbitre. Tête contre tête avec lui. Il se défendra en prétextant une glissade.

« Chaud », il l’a été aussi un soir de mai 2015 où il s’est adressé à la tribune Loire en lui faisant une déclaration d’amour : « Vous êtes un public merveilleux. Je vais peut-être paraître un peu vulgaire, mais vous me faites bander… »