Nantes: Au bout d'un an, la monnaie locale SoNantes compte 1000 utilisateurs

ECONOMIE La monnaie locale complémentaire connaît des débuts timides. Tout à fait normal, expliquent ses défenseurs...

Frédéric Brenon

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La monnaie locale SoNantes peut s'utiliser, par exemple, dans les bars partenaires.
La monnaie locale SoNantes peut s'utiliser, par exemple, dans les bars partenaires. — F.Brenon/20Minutes

Un an après son lancement officiel, la monnaie locale de l’agglomération nantaise, baptisée SoNantes, se propage timidement. Cette devise immatérielle dont la conversion est égale à l’euro (1 SoN = 1 €), totalise à ce jour moins d’un millier d’utilisateurs (150 entreprises et 820 particuliers), selon le bilan dressé par La SoNantaise, l’association des adhérents.

Quelque 1762 transactions ont été réalisées en un an pour un montant total de 41.352 SoN. La grande majorité des dépenses sont faites par des particuliers, pour une moyenne de 10 euros, dans des commerces partenaires (boulangeries, bars, coiffeurs…). Les dépenses d’entreprises s’élèvent en moyenne à 100 euros.

« L’effet d’entraînement est déterminant »

S’ils paraissent relativement modestes au regard de l’objectif final annoncé (3000 entreprises utilisatrices et 10.000 particuliers), les débuts de SoNantes n’auraient pour autant rien d’inquiétant.

« On est dans les temps de passage envisagés, rassure Jean-François Pilet, directeur du Crédit municipal de Nantes, qui pilote le projet. C’est une monnaie complémentaire qui n’a ni vocation à remplacer l’euro, ni à réaliser de gros volumes de transactions. Quand on regarde les autres monnaies locales lancées en France, on sait que le démarrage est toujours un peu compliqué. On sait aussi que la deuxième et troisième année peuvent suivre une progression exponentielle. »

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« On est sur un territoire assez étendu, une monnaie ouverte à la fois aux professionnels et aux particuliers, l’appropriation prend forcément du temps, analyse Patrick Forgeau, président de la SoNantaise. Plus il y aura d’utilisateurs de SoNantes, plus on saura comment dépenser. L’effet d’entraînement est déterminant. Il y a donc un gros travail de pédagogie à faire. »

« Ça favorise les circuits courts et donne du sens à mes achats »

Utilisable uniquement dans la région nantaise, SoNantes garantit des échanges entre acteurs locaux. L’inscription est gratuite, en ligne, pour les particuliers. Un abonnement mensuel payant est demandé aux entreprises. Les transactions se font par une carte rouge remise à chaque adhérent.

« J’ai déjà encaissé entre 3000 et 4000 euros de factures en SoNantes. J’ai aussi eu des frais de restauration et acheté un coffret-cadeau d’entreprise. J’y pense aussi pour mon prochain contrat d’entretien », énumère Stéphane De Guerny, directeur du cabinet d'expertise comptable Solis. « Utiliser SoNantes favorise les circuits courts et donne du sens à mes achats, justifie-t-il. Ça permet aussi de se créer un réseau et d’inscrire une relation de proximité entre clients et fournisseurs. »

Autre avantage pour les entreprises : s’offrir un découvert à moindre coût. Pour les particuliers, payer en SoNantes relève essentiellement de l’engagement citoyen.

La TAN, NGE ou Nantes Habitat espérés

Pour tenter de convaincre du bien-fondé de sa monnaie locale, la SoNantaise va désormais cibler les réseaux (associatifs et professionnels) et les grands rassemblements populaires. Des services publics comme la TAN, NGE, Nantes habitat doivent aussi rejoindre le dispositif « ces prochaines semaines ».