Violences à Nantes: Les commerçants «révoltés», des «centaines de milliers d'euros» de pertes

LOI TRAVAIL Les récents et multiples débordements en centre-ville ont de très mauvaises conséquences sur l'activité commerciale, selon l'association Plein-Centre et la CCI...

Julie Urbach
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Le magasin Go sport pris pour cible le 5 avril dernier à Nantes /SALOM-GOMIS_SALOM8037/Credit:SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA/1604060815
Le magasin Go sport pris pour cible le 5 avril dernier à Nantes /SALOM-GOMIS_SALOM8037/Credit:SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA/1604060815 — SIPA

La manifestation de jeudi s’est « relativement bien passée », malgré de nouveaux affrontements et dégradations. Mais les commerçants n’en peuvent plus. Alors que des débordements se produisent désormais systématiquement en marge des défilés contre la loi travail, en centre-ville, la CCI de Nantes-Saint-Nazaire et l’association de commerçants Plein Centre ont décrit ce vendredi une situation « alarmante et catastrophique ».

« Depuis 15 jours et trois manifestations, plusieurs centaines de milliers d’euros de chiffre d’affaires ont été perdus pour les commerces du centre-ville, déplore Nathalie Deniau-Millon, la présidente de l’association Plein Centre. Il y a un climat de tension qui fait fuir les clients. Des salariés des commerces sont en arrêt de travail pour des raisons psychologiques. Nous sommes consternés par le manque d’efficacité des forces de l’ordre… »


Si le bilan matériel des dégradations (vitrines brisées, vol…) est encore en cours d’élaboration, le magasin Go Sport, qui a été la cible d’un pillage lors de la manifestation du 5 avril, fait état de 25.000 euros de marchandises volées. « Il faut aussi compter 15.000 euros pour les frais de gardiennage supplémentaires, les salariés traumatisés… », rapporte la présidente de Plein Centre. « Des agences bancaires ont fermé et ne savent pas quand elles pourront rouvrir ».

La « responsabilité de l’Etat »

Alors que d’autres manifestations sont annoncées, et notamment le 28 avril, date de la prochaine grande journée de mobilisation, la CCI et les commerçants en appellent à la « responsabilité de l’Etat ». « On ne remet pas en cause le droit de manifester mais la préfecture doit mettre les moyens pour que les manifestations ne se déroulent pas en centre-ville, juge Jean-Luc Cadio. Et si l’Etat n’est pas capable d’assurer la sécurité, il doit indemniser derrière. » Le président de la chambre de commerce, qui parle de deux ans de « laxisme local », fait aussi référence aux précédents débordements qui ont suivi la manifestation contre le transfert de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, en février 2014.

Les commerçants, qui se disent « révoltés », jurent qu’ils continueront « à faire pression » auprès des autorités et de la municipalité. La situation du commerce en centre-ville étant déjà jugée compliquée, même si elle s’améliore, ils espèrent que ces débordements ne remettront pas en cause « tout le travail et l’argent investi depuis plusieurs années pour tenter de faire venir les clients ».