Nantes: L'éco-pâturage se développe dans l'agglomération nantaise

ENVIRONNEMENT Transformer un mouton en tondeuse écologique, un concept qui séduit de plus en plus à Nantes…

Adrien Chauvin

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Des enfants ont accueilli les moutons, à Bouguenais. Lancer le diaporama
Des enfants ont accueilli les moutons, à Bouguenais. — Ville de Bouguenais

Et si on avait recours à des moutons pour entretenir les espaces verts ? C’est le principe de l’éco-pâturage, un concept plutôt à la mode dans l’agglomération nantaise. « C’est prisé dans l’Ouest », explique Vincent Bourrel, cofondateur d’Entretien, Nature et Territoire. Aujourd’hui, grâce à quelques entreprises et associations, plusieurs sites abritent ces bêtes à laine : l’école de design Nantes-Atlantique, le centre de détention de Nantes, Véolia Arc-en-Ciel à Couëron, la station d’épuration à la Chapelle-sur-Erdre, l’entrepôt Décathlon à Sainte-Luce, le centre d’incendie et de secours de Carquefou ou encore à proximité d'une crèche à Bouguenais. Et certaines structures, comme le parc des expositions de la Beaujoire, réfléchissent à utiliser l’éco-pâturage.

« Il y a beaucoup de demandes de la part des collectivités mais aussi des entreprises », ajoute Quentin Noire, responsable commercial à la société Ecomouton, leader dans l’éco-pâturage. L’entreprise avait installé ses premiers moutons en Loire-Atlantique à l’école de design, en mars 2015. En plus de tondre la pelouse, les moutons procurent un sentiment de bien-être : « Les riverains et les salariés sont heureux de voir ces bêtes. D’autant plus qu’en ce moment c’est la période des naissances. C’est intéressant à voir ! »

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Posté par SDIS 44 officiel sur lundi 4 avril 2016

« C’est moins cher qu’une tondeuse »

Un point de vue que partage Frédéric Degouzon, directeur de communication à l’école de design Nantes-Atlantique : « Aujourd’hui les bêtes sont devenues des mascottes. Mais ça n’a pas été facile au début. » Et pour cause, l’école avait laissé l’herbe pousser pour permettre aux moutons de manger. Sauf qu’elle était trop haute… Du coup l’établissement a dû la tondre une dernière fois eux-mêmes pour que les bêtes puissent s’en charger. Par la suite, des clôtures supplémentaires ont été installées car ils avaient accès à des parties goudronnées et laissaient énormément de « crottes ».

Prévus seulement pour une année, maintenant il n’est pas question de les laisser partir. « Pourquoi s’en séparer ? C’est moins cher qu’une tondeuse », conclut Frédéric.

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Bouguenais vient d’accueillir huit moutons

Récemment la ville de Bouguenais a décidé d’héberger huit moutons de race Landes de Bretagne pour entretenir plusieurs espaces verts (à la Pierre Blanche et au Moulin du Rocher). Ce projet, qui va durer entre 7 et 8 mois, a été supervisé par l’association Entretien, Nature et Territoire, dont le but est d’accompagner les structures s’intéressant à l’éco-pâturage.

Celle-ci a ensuite a dirigé la ville vers Vincent Cerclier, fondateur de l’entreprise Terre et Bêêê. Depuis son installation, tout se passe à merveille : « Les deux sites sont situés au cœur de la ville, explique Vincent Cerclier. Plus il y a de passants, plus l’action sociale sera forte. D’autant plus que les enfants sont à proximité. » Ce chef d’entreprise a déjà « une dizaine de projets » d’ici la fin de l’année et début 2017.

Bien que le mouton soit l’animal phare de l’éco-pâturage, il existe aussi d’autres bêtes pour tondre la pelouse. Certaines entreprises, comme Aux ânes… Etc, proposent d’y installer des ânes, des vaches ou encore des chèvres.