Nantes: L'appel à témoins de l'IGPN suscite la colère des policiers

SOCIETE La police des polices a ouvert une enquête et diffusé par affichettes un appel à témoins après l'interpellation musclée d'un homme le 24 mars à Nantes...

F.B.

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L'homme blessé par un coup de matraque le 24 mars boulevard Amiral-Courbet à Nantes.
 / AFP / L.Venance
L'homme blessé par un coup de matraque le 24 mars boulevard Amiral-Courbet à Nantes. / AFP / L.Venance — AFP

La vidéo de l’interpellation musclée d’un homme à l’issue de la manifestation contre la loi travail le 24 mars à Nantes a suscité de multiples réactions sur les réseaux sociaux. Ce jour-là, vers 14h, un animateur d’une trentaine d’années a été blessé à la tête après avoir reçu un coup de matraque, près du pont de la Motte-Rouge, alors qu’il semblait non-violent. Saisie par le procureur de la République de Nantes, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, a ouvert une enquête sur les circonstances de l’incident.

L’IGP et la présomption d’innocence

Seulement voilà, la procédure et, surtout, la méthode ont fortement déplu aux syndicats de police. Il faut dire que pour solliciter des renseignements sur ce qui s’était passé, l’IGPN a choisi de diffuser un appel à témoins via des affichettes collées dans le quartier. Une démarche très inhabituelle pour l’IGPN. De plus, le texte de ces affichettes évoque un manifestant qui « aurait été victime de violences de la part de policiers ». Outrés, les syndicats dénoncent une atteinte à la présomption d’innocence.

« L’enquête doit participer à la manifestation de la vérité et ne doit pas avoir pour but a priori d’administrer la preuve de la commission d’une faute », reproche Stéphane Léonard, secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police FO, interrogé par Libération. « Il ne s’agit pas de dissimuler d’éventuels dérapages, mais en ce moment, alors que les collègues sont mobilisés en continu, c’est très très mal venu, et ça a été très très mal perçu », ajoute-t-il.

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Du côté de l’IGPN, dont les bureaux sont basés à Rennes, on avance que la démarche d’appel à témoins est couramment utilisée par la police et « n’a rien de scandaleux ». Une « maladresse » dans la rédaction du texte est toutefois reconnue, selon Libération, mais la police des polices promet que son enquête sera menée « à charge et à décharge ».