Affaire Dupont de Ligonnès: La police judiciaire se livre sur l'enquête

FAITS DIVERS Le patron de la PJ nantaise a confié à «Ouest-France» ses impressions sur la disparition de Xavier Dupont de Ligonnès, soupçonné d'être l'auteur de la tuerie de Nantes il y a 5 ans...

F.B.
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Xavier Dupont de Ligonnès retirant de l'argent à un distributeur de Roquebrune-sur-Argens (Var) le 14 avril 2011, commune où il a été vu pour la dernière fois.
Xavier Dupont de Ligonnès retirant de l'argent à un distributeur de Roquebrune-sur-Argens (Var) le 14 avril 2011, commune où il a été vu pour la dernière fois. — THOMAS COEX / AFP

Le 21 avril 2011, les corps d’Agnès Dupont de Ligonnès et de ses quatre enfants étaient découverts sous la terrasse de la maison familiale, au 55 boulevard Schuman à Nantes. Soupçonné d’être l’unique auteur du quintuple assassinat, le père, Xavier Dupont de Ligonnès, n’a jamais été retrouvé. L’enquête, vaste et complexe, ne permet toujours pas d’affirmer avec certitude s’il se trouve en cavale ou s’il a mis fin à ses jours.

Pour le patron de la police judiciaire de Nantes, qui s’exprime pour la première fois dans les colonnes d’Ouest-France ce mardi, les deux scénarios restent plausibles.

« Il avait les ressources intellectuelles pour organiser sa fuite »

« Les collègues ont des avis partagés, confie Jean-René Personnic. Chaque année, on voit des pères qui tuent leur famille. Mais après, ils se rendent ou se suicident. Là, il a fui… Néanmoins, il peut avoir été gagné par les remords et mis fin à ses jours. Nous travaillons sur des faits, pas sur des impressions. Sans preuve de mort, la seule méthode qui vaille est de le considérer vivant. »

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Le commissaire divisionnaire affirme qu’il est « possible » d’échapper à la police pendant cinq années malgré un mandat d’arrêt international et, probablement, des moyens financiers limités. « Ce qui plombe souvent, c’est la téléphonie. Mais Xavier Dupont de Ligonnès a montré qu’il avait les ressources intellectuelles pour organiser sa fuite. »

« On peut bénéficier d’un concours de circonstances

Selon le patron de la PJ, les enquêteurs sont allés « au bout de ce qu’on pouvait faire », un « travail colossal » a été accompli. « Nous avons une connaissance quasi parfaite de la personnalité et du parcours de vie de chaque victime et de l’auteur présumé ».

Suffisant pour pouvoir retrouver un jour Xavier Dupont de Ligonnès ? « Je pense à deux dossiers qui ont subitement rebondi, des années après, à la faveur d’un renseignement ou d’un minuscule fragment d’ADN, positive Jean-René Personnic. On peut bénéficier d’un concours de circonstances, doublé d’une bonne réactivité, sur la base de tout ce que nous avons amassé… Un corps non identifié à l’étranger peut faire tilt dans nos fichiers ADN. L’affaire restera toujours en toile de fond. »