Procès Xynthia: Les parties civiles «ne comprennent pas» la clémence de la cour d'appel

JUSTICE Le maire de la Faute-sur-Mer, René Marratier, n’a été condamné ce lundi qu’à deux ans de prison avec sursis. Son ex-adjointe a, elle, été relaxée…

F.B. avec AFP

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Gisèle Arnault, qui a perdu son père lors de la tempête, partie civile lors du procès en appel de la catastrophe Xynthia, lundi 4 avril 2016. / AFP / M.Fedouach
Gisèle Arnault, qui a perdu son père lors de la tempête, partie civile lors du procès en appel de la catastrophe Xynthia, lundi 4 avril 2016. / AFP / M.Fedouach — AFP

La décision de la cour d’appel de Poitiers deréduire fortement les peines prononcées dans le procès de la catastrophe Xynthia à La Faute-sur-Mer (Vendée) a provoqué le désarroi des familles de victimes. Car s’il a été reconnu coupable d’homicides involontaires pour ne pas avoir informé ses concitoyens du risque d’inondation, l’ancien maire de la commune, René Marratier, n’a été condamné qu’à deux ans de prison avec sursis, au lieu des quatre ans ferme décidés par le tribunal des Sables d’Olonne un an plus tôt.

L’ex-adjointe à l’urbanisme, Françoise Babin, a, elle, été relaxée, alors qu’elle avait écopé de deux ans de prison ferme en première instance. Vingt-neuf personnes avaient péri noyées dans la nuit du 27 au 28 février 2010 à La Faute-sur-mer.

« Vous en faites quoi de notre émotion à nous ? »

« C’est ignoble, c’est ignoble, vous en faites quoi de notre émotion à nous ? On a perdu des personnes, vous en faites quoi ? », a lancé Gisèle Arnault, qui a perdu son père lors de la tempête.

Les parties civiles sont « très déçues, frustrées, mais elles acceptent », a déclaré Corinne Lepage, avocate de l’Avif, l’association des victimes, et de 115 des 146 parties civiles. « Ils ne comprennent pas très bien cette décision, en fait (…), mais ce sont des républicains et ils acceptent les décisions de justice », a-t-elle ajouté.

« On laisse faire les maires pour bâtir en zone inondable »

« Le message qu’on voulait avoir, c’était un message de sécurité, de prévention. Ce n’est pas le cas. (…) On laisse faire les maires, on laissera faire les maires demain pour bâtir en zone inondable. La punition n’est pas assez sévère », a regretté le président de l’Avif, Renaud Pinoit, tout en se disant satisfait de la peine d’inéligibilité prononcée à l’encontre de René Marratier.

L’avocat général et les parties civiles ont cinq jours pour se pourvoir en cassation s’ils le souhaitent.