Procès Xynthia: René Marratier l'ex-maire de La Faute-sur-Mer condamné à deux ans avec sursis et évite la prison

JUSTICE La cour d'appel de Poitiers s'est montrée clémente envers l'ancien maire de La Faute-sur-Mer et son ex-adjointe...

F.B. avec AFP

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René Marratier, le 4 avril 2016, à la cour d'appel de Poitiers.
René Marratier, le 4 avril 2016, à la cour d'appel de Poitiers. — MEHDI FEDOUACH / AFP

La cour d’appel de Poitiers vient de rendre son délibéré dans l’affaire de la catastrophe Xynthia à La Faute-sur-mer (Vendée). René Marratier, ex-maire de la commune où 29 personnes ont péri noyées dans l’inondation causée par la tempête en 2010, a été condamné à deux ans de prison avec sursis et à une interdiction définitive d’exercer une fonction publique.

Une sanction bien plus clémente que celle requise par l’avocat général (deux ans de prison ferme) et, surtout, celle prononcée en première instance fin 2014 par le tribunal correctionnel des Sables d’Olonne (quatre ans ferme), que René Marratier avait qualifié à l’époque de « scandale d’Etat ».

Homicides involontaires

A Poitiers, l’élu, 63 ans, était de nouveau poursuivi pour homicides involontaires et mise en danger de la vie d’autrui.

Il lui était reproché d’avoir laissé s’établir des lotissements dans une zone théoriquement inconstructible sans avoir mis en place des plans de prévention et de secours, tout en connaissant parfaitement les risques d’inondation dans la station balnéaire.

L’ex-adjointe à l’urbanisme relaxée

Françoise Babin, l’ancienne adjointe à l’urbanisme de La Faute, a, elle, été relaxée par la cour d’appel ce lundi. Elle avait été condamnée à deux ans de prison ferme en première instance.

Il lui était reproché d’avoir délivré des permis de construire irréguliers en zone inondable, causant involontairement la mort de quatre membres d’une même famille et exposant à un risque de mort onze familles. Elle s’était fermement défendue durant l’appel, affirmant « n’avoir jamais mélangé » ses fonctions d’élu et d’agent immobilier.

Des parties civiles en pleurs

Le fils de Françoise Babin, Philippe Babin, président de l’association syndicale des marais de La Faute, a également été relaxé, tout comme deux sociétés de BTP poursuivies en tant que personnes morales.

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Une cinquantaine de parties civiles étaient présentes ce lundi matin à Poitiers pour assister au rendu du délibéré. Aussitôt après la lecture de l’arrêt, plusieurs d’entre elles étaient en pleurs dans la salle. Le procès en appel de la catastrophe Xynthia s’était déroulé du 18 novembre au 2 décembre 2015