Nantes: Grâce au «lycée du soir», les décrocheurs remettent leurs études à l'ordre du jour

DECROCHAGE L'établissement privé Saint-Félix-La-Salle est le seul du département à proposer ce dispositif aux élèves décrocheurs...

Julie Urbach

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Limay le 03 avril 2012. Illustration lycee Condorcet a Limay dans less Yvelines. Classe. Eleves de Terminale S. Groupe de travail. Annales du bac
Limay le 03 avril 2012. Illustration lycee Condorcet a Limay dans less Yvelines. Classe. Eleves de Terminale S. Groupe de travail. Annales du bac — A. GELEBART / 20 MINUTES

C'était une bonne élève de terminale S qui se destinait à devenir vétérinaire. Jusqu’à ce qu’elle finisse par « tout abandonner». Deux ans plus tard, après avoir enchaîné les petits boulots, Nina, 20 ans, a retrouvé sa motivation. Comme 12 autres jeunes gens (de 20 à 26 ans), la demoiselle prépare un bac STMG (management et gestion) grâce au « lycée du soir ».

L’établissement privé Saint-Félix-La Salle est le seul lycée du département à proposer cette formule, qui offre à des « décrocheurs » aux parcours atypiques la possibilité de préparer le diplôme en un an. Les horaires adaptés (12 h-20 h) permettent de concilier ses études avec un job ou des obligations familiales. « Et je fais enfin quelque chose de ma vie », sourit Nina, qui envisage son avenir professionnel dans la communication. 

Un nouveau bac pro à la rentrée

Chaque année, depuis l'ouverture du programme en 2008, 90% des inscrits au lycée du soir sont reçus à l'examen. Certains même avec mention. Alors que la lutte contre le décrochage est l’une des priorités du gouvernement (il y aurait 27.000 jeunes décrocheurs dans la région, en 2011), cette formule payante va prendre de l’ampleur dans l’académie.
 

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A la rentrée prochaine, le lycée Saint-Félix (qui organise des portes ouvertes samedi matin) va notamment ouvrir une section « bac pro commerce », « une filière qui a du sens car elle permet de s’insérer sur le marché du travail ou poursuivre en BTS, un diplôme bien reconnu par les entreprises », assure David Bourgoin, le chef d’établissement.

Des lycées publics aussi

Dans l'enseignement public, le mouvement est aussi en marche. Sur le même principe, trois « lycées nouvelle chance » existent déjà dans la région, mais pas encore en Loire-Atlantique. Mais c'est une formule sur laquelle le rectorat semble miser puisque tous les départements en seront bientôt dotés.
 
«Le bac est un atout essentiel pour entrer et progresser dans l'entreprise, même pour les jeunes qui ont déjà de l'expérience professionnelle», juge Régis Jacqmin, coordinateur pour la lutte contre le décrochage dans l'académie de Nantes. Après La Roche-sur-Yon à la rentrée prochaine, le dispositif devrait débarquer à Nantes en septembre 2017, annonce-t-on au rectorat.