Notre-Dame-des-Landes: Prison avec sursis pour trois agriculteurs qui avaient forcé un barrage

JUSTICE Les agriculteurs manifestaient en soutien à onze familles et quatre agriculteurs vivant sur le site du futur aéroport...

20 Minutes avec AFP

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Des agriculteurs à Viais pres de Nantes le 11 01 2016. NDDL./SALOM-GOMIS_1847.07/Credit:SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA/1601111905
Des agriculteurs à Viais pres de Nantes le 11 01 2016. NDDL./SALOM-GOMIS_1847.07/Credit:SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA/1601111905 — SIPA

Ils étaient jugés devant le tribunal correctionnel de Nantes pour avoir forcé un barrage de gendarmes, en janvier dernier, lors d’une manifestation contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Trois agriculteurs, domiciliés dans l’agglo nantaise, ont été condamnés lundi à des peines de trois à six mois de prison avec sursis.

Ces peines ont été assorties à chaque fois du même nombre de mois de suspension de permis. Ils étaient poursuivis pour refus d’obtempérer, mise en danger de la vie d’autrui et violences volontaires avec arme par destination (un tracteur).

Opération de blocage

Les agriculteurs avaient été interpellés le 11 janvier et placés une première fois en garde à vue avant d’être libérés dans la nuit. Ils venaient de forcer un barrage de gendarmes après une opération de blocage à Saint-Étienne-de-Montluc. L’action avait été organisée en soutien à onze familles et quatre agriculteurs vivant sur le site du futur aéroport nantais, sous le coup d’une expulsion.

« Ce n’est pas le dossier de la paysannerie, de Notre-Dame-des-Landes, des manifestations licites ou illicites. C’est le dossier d’une irresponsabilité coupable de la part de trois individus (…) qui ont mis successivement un certain nombre de personnes en danger de mort et en ont blessé certaines. Et cela, c’est inadmissible », avait lancé le 23 février, lors de l’audience, le représentant du ministère public.

Les agriculteurs avaient expliqué à la barre qu’ils n’avaient « pas vu » les gendarmes leur ordonner de s’arrêter. « Ce jour-là, ils avaient la seule volonté de rentrer dans leur exploitation », avait plaidé leur avocat, maître Erwann Le Moigne.