HBC Nantes: Les jeunes pousses ont leur chance

HANDBALL A même pas 19 ans, Romain Lagarde signe un premier contrat professionnel dans son club formateur. Une spécialité du H…

Adrien Godet

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Au premier rang, Nicolas Tournat, Julien Salmon et Romain Lagarde (de gauche à droite). Au dessus, Florian Delecroix, tous issus du centre de formation nantais, tous champions du monde.
Au premier rang, Nicolas Tournat, Julien Salmon et Romain Lagarde (de gauche à droite). Au dessus, Florian Delecroix, tous issus du centre de formation nantais, tous champions du monde. — David Phelippeau / 20 Minutes

Romain Lagarde a clairement un temps d’avance. Alors qu’il s’apprête à souffler ses 19 bougies samedi, le jeune arrière gauche du H s’est offert un joli cadeau. Un premier contrat professionnel de trois ans et de belles promesses. Lors de ces deux années de formation, Romain eu déjà l’occasion de découvrir la première division, la coupe d’Europe et même de remporter la coupe de la Ligue. « Tout est allé très vite. Une expérience importante pour le début de ma carrière », commente avec modestie le surdoué.

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« C’est toujours un plaisir, une gratification du travail effectué », se réjouit de son côté Grégory Cojean. Mais le responsable du centre de formation n’est pas plus étonné que ça de voir ce joueur, champion du monde des moins de 19 ans l’année dernière, percer aussi vite.

Lancé en 2006, le centre du H est labellisé deux ans plus tard, alors que le club accède à la première division. Le président du club, Gaël Pelletier, fixe un objectif : faire passer pro un jeune chaque année. « On est parti de rien. Au début, on avait un seul joueur issu du centre de formation sur la feuille de match. La saison dernière, 40 % du groupe pro était formé chez nous », s’enthousiasme un entraîneur pour qui l’objectif est tout avoué : la moitié du groupe professionnel « made in Nantes » à moyen terme.

« Certains sont trop dans le rêve »

Romain Lagarde suit les traces des O’Bryan Nyateu, Jordan Camarero, ou Nicolas Tournat. L'année dernière, quatre Nantais issus du centre de formation étaient sacrés champions du monde dans les catégories jeunes. Florian Delecroix finissait même MVP chez les moins de 21 ans. Le secret de la formation « à la nantaise » ? « Un travail autant physique que mental. Il faut être déterminé pour réussir. Je suis franc avec eux, certains sont trop dans le rêve », constate coach Cojean. Régulièrement en coupe d’Europe, le H ne donne une chance qu’à l’élite de ses jeunes.

Romain Lagarde en a rapidement fait partie. « J’ai tout de suite été emballé par sa maturité même lorsqu’il jouait à Lanester (Nationale 1). Les jeunes de talent sont chassés aujourd’hui par les clubs, les agents. Il a fallu le convaincre de rejoindre notre centre de formation, qu’il aurait sa chance ici. », lâche l’entraîneur de l’équipe première, Thierry Anti.

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Courtisé par Cesson, Tremblay, Nimes et Paris, Romain choisit la Cité des Ducs pour continuer son apprentissage. « Le H fait plus confiance aux jeunes. Le club joue sur tous les tableaux, a de l’ambition. C’est bon pour l’expérience de jouer avec des champions du monde. Et puis, je ne m’éloigne pas trop de la famille », n’oublie pas d’ajouter le Morbihanais.

Les centres de formation se disputent les jeunes talents

Face aux avantages notamment financiers proposés par certaines grosses écuries comme le PSG, le H parie sur son projet sportif. « On a une image de club formateur, qui intègre des jeunes dans l’équipe première. On veut créer cette identité club. On arrive encore à les séduire avec ces arguments », analyse Grégory Cojean.

Sur son bureau, le dossier d’un jeune messin, deux joueurs du pôle espoir de Nice doivent aussi lui rendre visite la semaine prochaine. Ce chercheur d’or d’un nouveau genre profite de son réseau et ne rate justement aucun tournoi de ces pôles espoir, des compétitions qui rassemblent la crème des joueurs de 15 à 18 ans.

Romain Lagarde aspire désormais à gratter du temps de jeu, tout simplement. Que ce soit contre Créteil ce jeudi en championnat, ou dimanche en coupe d’Europe face aux Allemands de Göppingen, le néoprofessionnel voudra se mettre en valeur. Le calendrier très chargé du HBC Nantes en cette fin de saison devrait lui en donner l’occasion : « Je suis là pour aider l’équipe. J’aime l’ambiance ici, je me vois bien rester à Nantes encore un moment ». Jamais mieux qu’à la maison…