Football: Les drôles de (sur)noms d'oiseaux des clubs français

INSOLITE Sochaux contre Nantes, c’est aussi les « Lionceaux » face aux « Canaris ». L’histoire de ces surnoms animaliers prête souvent à sourire. Petit florilège…

Adrien Godet

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Le surnom de Canaris pour les joueurs nantais viendrait du club anglais de Norwich qui porte les mêmes couleurs et qui a pour emblème un canari.
Le surnom de Canaris pour les joueurs nantais viendrait du club anglais de Norwich qui porte les mêmes couleurs et qui a pour emblème un canari. — Gerard Lacz / Rex Featu/REX/SIPA

Ils sont utilisés à tort et à travers par les journalistes, un moyen astucieux d’éviter les répétitions. Si bien qu’un compte rendu de match ressemble parfois davantage à une chronique de 30 millions d’amis. Une bonne partie des clubs français ont ainsi adopté un surnom animalier. Les « Canaris » nantais en sont l’exemple le plus connu, même si la genèse de ce surnom prête encore à débat. SI beaucoup de clubs reprennent l’emblème de la ville, d’autres histoires sont plus originales. 20 Minutes vous en propose une petite sélection.

>> A lire aussi : FC Nantes: Au fait, pourquoi les joueurs nantais jouent en jaune et vert ?

 

>> Sochaux fier de ses « Lionceaux »

Adversaires de Nantes en quart de finale de la coupe de France, les Sochaliens doivent leur surnom à la politique adopté par le club en 1949. Son président, Fortuné Chabrier, décide de créer une nouvelle structure, l’ancêtre des centres de formation, pour alimenter l’équipe première et stabiliser sa présence dans l’élite.

Elle sera baptisée la « Phalange des Lionceaux », en référence au logo de Peugeot, propriétaire du club. Partout en France, le réseau de la marque automobile recrute des jeunes footballeurs. Ils s’entraînent le matin et apprennent un métier dans l’usine du groupe l’après-midi. L'« opération Lionceaux » est un concept inédit à l’époque. Un vrai succès.

 

>> A la pêche aux « Merlus » de Lorient

Ils auraient pu s’appeler « les Grondins », l’emblème du club corpo, « La Marée sportive », une structure sportive créée par Mme Cuissard en 1925 et ancêtre du FC Lorientais. Objectif : rassembler les nombreux amateurs de ballon rond du port de pêche. Le succès est immédiat et pousse à la création d’un club amateur, le FC Lorientais, un an plus tard.

Le merlu, considéré comme un poisson plus noble, remplace le grondin. A l’époque, ce poisson est l’un des plus répandus en Bretagne. D’autres sources racontent que les fondateurs n’avaient tout simplement pas d’image d’assez bonne qualité d’un grondin pour présenter le logo du club.

 

>> Martin Baretti, le premier « Ours » d’Ajaccio

Nous sommes en 1919. Les Acéistes disputent un match amical sur la place du Diamant contre l’unité de la marine anglaise, le HSM Carnavon. Martin Baretti est l’unique buteur pour l’équipe ajaccienne (défaite 3-1). L'honneur est sauf. Le public scande spontanément le prénom de l’attaquant corse. Aux « Martin, Martin » succède rapidement « A l’ours, à l’ours ». Une référence au physique imposant et à la pilosité généreuse du joueur.

L’expression devient le slogan du club. Un ours apparaît quelques mois plus tard sur le maillot rouge et blanc du club, un ballon sur la patte droite puis dans les mains. On le trouve toujoursaujourd’hui, rugissant sur le logo de l’ACA.

 

>> Les « Dogues » de Lille naissent dans la presse

Plusieurs hypothèses courent encore sur l’origine du surnom. La trouvaille journalistique est aujourd’hui la thèse la plus crédible. Tout commence dans les années 30, après une rencontre gagnée par l’Olympique lillois face à Paris. Impressionné par leur ténacité, leur faculté à ne rien lâcher, un rédacteur parisien compare alors les Nordistes à des dogues.

Le défenseur lillois Sébastien Corchia lors de sa présentation le 1er juillet 2014, devant le fameux Dogue de Luchin.
Le défenseur lillois Sébastien Corchia lors de sa présentation le 1er juillet 2014, devant le fameux Dogue de Luchin. - M.Libert/20 Minutes

Il faudra attendre les années 70 pour voir ce surnom validé. L’animal intègre le logo du club. Il envahit aujourd’hui les noms de groupes de supporters, les écharpes ou les drapeaux. Une statue impressionnante représentant un dogue accueille même les visiteurs du domaine de Luchin, le centre d’entraînement du LOSC.

 

>> « Pingouin » n’est plus une insulte à Libourne

Fondé en 1935, le club de football a dû pendant longtemps partager le stade avec des équipes de rugby, manque d’infrastructures oblige. Mais dans le sud-ouest de la France, le ballon ovale est le roi. La légende raconte aujourd’hui que ce surnom est né d’une rivalité entre des brasseries d’amateurs de football et de rugby. Ces derniers n’hésitaient pas à traiter les footballeurs libournais de « manchots ». Le pingouin et sa connotation moins négative (quoique…) lui ont ensuite été préférés. L’animal est surtout l’emblème de l’AS Libourne omnisports.