Notre-Dame-des-Landes: Pourquoi manifester en coupant les routes?

PROJET D'AEROPORT La manifestation anti-aéroport sur les 2x2 voies Nantes-Vannes et Nantes-Rennes ce samedi va entraîner de grosses perturbations de circulation. Les organisateurs se juistifient...

Frédéric Brenon

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La manifestation du 9 janvier 2016 contre l'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes
La manifestation du 9 janvier 2016 contre l'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Pour la seconde fois en un mois et demi, une manifestation contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes va engendrer de très grosses perturbations de circulation ce samedi en Loire-Atlantique. Les 2x2 voies Nantes-Rennes et Nantes-Vannes, situées à proximité de la future zone aéroportuaire, seront coupées car investies par les manifestants : la première de 10h à 13h, la seconde de 10h à 19h. Le 9 janvier, déjà, c’était le périphérique nantais et le pont de Cheviré qui étaient bloqués pour les mêmes motifs.

Mais pourquoi ce type d’actions qui pénalisent les automobilistes, y compris ceux n’étant pas particulièrement favorable au projet d’aéroport ? Était-il possible de faire autrement ce week-end ?

« La seule solution pour réunir autant de monde »

« L’objectif était d’organiser un grand rassemblement à proximité de la Zad et des secteurs devant accueillir les dessertes routières de l’aéroport, explique Dominique Fresneau, coprésident de l’Acipa, principale association opposée à l’aéroport. Les terrains sont gorgés d’eau, on ne peut pas mettre un pied dans un champ sans s’enfoncer. Les routes départementales vont être encombrées. La seule solution pour réunir autant de monde, dans des conditions de sécurité, c’était d’aller sur la chaussée de la voie rapide. C’était impossible de faire autrement. »

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Sur les réseaux sociaux, de nombreux habitants dénoncent, à l’inverse, une action visant principalement à perturber le plus de monde possible.

« Le blocage à 11h de la quatre voies Nantes-Rennes vise à montrer de quoi est capable, à mettre la pression sur l’Etat. Mais ça ne va durer qu’une heure. L’installation toute la journée sur la route de Vannes c’est différent, c’est une question pratique avant tout », se défend Dominique Fresneau de l’Aipa.

La coordination des opposants à l’aéroport rappelle aussi qu’elle « ne souhaitait pas manifester en ville », par crainte de débordements, et qu’elle n’allait pas retourner sur le périphérique, « même si cela avait été une réussite ».

La préfecture laisse faire mais reste vigilante

La préfecture de Loire-Atlantique, qui n’empêche pas la tenue de la manifestation ce samedi, appelle les automobilistes à éviter le secteur. Plusieurs itinéraires de déviations par les routes départementales sont mis en place. Elle sera également extrêmement vigilante au départ des manifestants à l’heure prévue (18h) afin que l’occupation de la route ne se prolonge pas comme cela avait été le cas le 9 janvier sur le pont de Cheviré.