Notre-Dame-des-Landes: Amende avec sursis après l'opération escargot

JUSTICE Dix-neuf opposants au projet d'aéroport ont écopé d'une amende, mercredi...

20 Minutes avec AFP

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Opération escagrot des opposants au projet de Notre-Dame-des-Landes /SALOM-GOMIS_180108/Credit:SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA/1601121807
Opération escagrot des opposants au projet de Notre-Dame-des-Landes /SALOM-GOMIS_180108/Credit:SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA/1601121807 — SIPA

Dix-neuf opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont été condamnés mercredi par le tribunal correctionnel de Nantes à une amende de 200 euros avec sursis pour avoir entravé la circulation lors d'une opération escargot le 12 janvier sur le périphérique nantais.

Le représentant du ministère public avait requis dans l'après-midi une peine de 100 jours-amende à 10 euros, soit 1.000 euros, à l'encontre de chacun des prévenus, poursuivis pour «entrave à la circulation», un délit passible de deux ans d'emprisonnement, 4.500 euros d'amende et d'une suspension de permis de conduire pendant trois ans.

«Aucune violence»

Le tribunal a reconnu coupables les prévenus, âgés de 23 à 61 ans, du délit d'entrave, estimant que «l'objectif premier» de cette opération escargot n'était pas de manifester mais de «gêner la circulation», en roulant à une vitesse anormalement basse, en différents points du périphérique et à une heure de grande affluence.

Il a prononcé une peine d'amende avec sursis, «dans la mesure où il n'y a eu aucune violence» et que chacun des automobilistes avait «obtempéré» quand les forces de l'ordre leur avaient demandé de «cesser» leur action, a expliqué le président du tribunal correctionnel, Bruno Sansen.

Différence de traitement

«Cette peine est assez dure à encaisser à partir du moment où ces personnes étaient là pour manifester une idée. Cette décision nous confirme qu'il y a une différence de traitement car il y a assez peu, ou jamais, de poursuites pour entrave à la circulation pour d'autres mouvements sociaux», a réagi Me Stéphane Vallée, qui défend huit des prévenus, dénonçant un jugement qui «vise très clairement à réprimer le mouvement de Notre-Dame-des-Landes».

«Le message, c'est que maintenant sur le ressort de Nantes, les opérations de type escargot sont interdites, mais que pour certains», a renchéri Pierre Huriet, autre avocat de la défense. Ils avaient tous deux plaidé pour la requalification des faits en simple contravention.

Cette opération escargot du 12 janvier avait été organisée à la veille d'une audience importante devant statuer sur l'expulsion de onze familles et quatre exploitants agricoles «historiques», vivant sur le futur périmètre de l'aéroport.