Une Nantaise invente une appli pour prévenir efficacement ses proches en cas d’agression

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES « App-elles » est disponible sur Android et bientôt sur iPhone...

Julie Urbach

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Illustration de l'application App-elles

Illustration de l'application App-elles — J. Urbach/ 20 Minutes

Face au danger, difficile d’envoyer un texto ou de manipuler son portable pour passer un appel. Pour les jeunes femmes victimes de violences, une Nantaise a lancé il y a quelques mois App-elles, une application mobile dans le but de prévenir sa famille ou ses amis en toute discrétion, depuis sa poche.

La phase de test désormais terminée sur Android (600 téléchargements ont déjà été comptabilisés et les bugs corrigés), l’appli sera bientôt développée pour iPhone.

Un message envoyé à trois contacts

Lorsqu’on l’active, trois grosses touches apparaissent. La première, « Alerte agression », permet d’envoyer un message pré-écrit à trois contacts sélectionnés au préalable. Le texte et la géolocalisation de la victime leur seront transmis toutes les 90 secondes, grâce à un lien google maps. « En simultané un appel téléphonique vers un numéro "unique" pré-enregistré par l’utilisatrice-teur peut être passé », ajoute le mode d’emploi.

« C’est une fonction utile qui parle beaucoup aux jeunes filles, assure Diarata N’Diaye, 32 ans, créatrice de App-elles. Elles n’ont pas le réflexe d’appeler la police mais leurs proches, eux, le feront. » Une fonction MMS peut aussi être activée pour joindre une photo.

>> Violences conjugales : Les téléphones pour femmes en grand danger arrivent à Nantes

Diarata N’Diaye a jugé indispensable de doter son appli de deux autres options, « écoute violences » et « informations associations ». Cette slameuse, qui a monté un spectacle autour des violences faites aux femmes, estime qu’aujourd’hui encore, « il est compliqué de faire la démarche de chercher soi-même de l’aide. » Toutes les associations de Loire-Atlantique sont ainsi répertoriées, et la carte devrait s’étendre progressivement à toute la France. On pourra la retrouver sur le site de l’association de Diarata, Résonantes.

Numéros d’écoute

Plusieurs numéros d’écoute sont enfin enregistrés. « C’est très important d’être informé sur les conséquences des violences et les comportements qui en découlent comme les phobies, les troubles alimentaires, ou la déconnexion de ses émotions, indique Muriel Salmona, présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie. Ce sont des sujets très peu abordés avec les jeunes alors que ce sont elles qui en subissent le plus. »

Selon cette psychiatre, 80 % des violences sexuelles sur les femmes commencent avant leur majorité.