Nantes: Les chirurgiens dotés d'un nouveau système d'imagerie 3D révolutionnaire

SANTE L'hôpital vient d'acquérir un nouveau système d'imagerie révolutionnaire pour certaines opérations chirurgicales...

Julie Urbach

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Les chirurgiens opèrent en suivant leurs gestes sur l'écran Lancer le diaporama
Les chirurgiens opèrent en suivant leurs gestes sur l'écran — J.Urbach/20 Minutes

Il s’agit d’une intervention délicate où chaque geste a son importance. Pourtant, ce vendredi, en pleine opération d’une scoliose, le docteur Joël Delecrin a les yeux rivés sur un écran. Mais que tout le monde se rassure : ce chirurgien orthopédique du CHU de Nantes maîtrise totalement la situation.

L'opération commence. Les chirurgiens peuvent suivre leurs gestes sur l'écran (on voitles outils et les vis en bleu et rose) - J. Urbach/ 20 Minutes

Grâce au O-arm, un nouvel outil dont disposent à peine une dizaine d’hôpitaux en France, il suit en temps réel ses gestes sur une représentation en 3D de l’anatomie de son patient. Il peut même simuler la trajectoire des vis ou autres implants qu’il utilise parfois par dizaines pour soigner les colonnes vertébrales qui passent entre ses mains. Un moyen de limiter les complications mais aussi de réaliser des opérations trop risquées et jusqu’alors inenvisageables.

Eviter les zones sensibles

« C’est un rêve chirurgical, explique le docteur Joël Delecrin. Pour nous aider, nous avions jusqu’alors des radios de piètre qualité. Désormais, nous voyons tout en temps réel ce qui nous permet d’éviter, au dixième de millimètre près, les zones sensibles comme la moelle épinière ou les nerfs. Ça sécurise le geste comme jamais nous l’avions vécu. »

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Très concrètement, le O-arm est un scanner placé au cœur de la salle de l’opération. En treize secondes, il modélise en 3D la partie à opérer et reconstitue ensuite les mouvements des outils, qu’il reconnaît. Pour les patients, il permet enfin de limiter les cicatrices car les médecins n’ont plus besoin d’autant inciser pour visualiser et intervenir sur la zone à traiter.

500 interventions par an

Depuis l’arrivée du O-arm au CHU de Nantes, au mois de novembre, une soixantaine d’opérations de la colonne vertébrale, du crâne ou du bassin (notamment pour les fractures ou les tumeurs osseuses) ont déjà été réalisées avec ce dispositif. Les médecins se sont fixé un objectif de 500 par an alors que le CHU est pour le moment le seul du grand Ouest à le posséder (pour un investissement de 775.000 euros).

« Ce dispositif sera aussi d’une grande aide pour traiter la maladie de Parkinson, qui nécessite des stimulations, complète Eric Bord, chef du service neurochirurgie au CHU de Nantes. Il va nous aider à placer correctement les électrodes en plein milieu du cerveau. »