Nantes: Ils vont créer le WikiLeaks du Grand Ouest

WEB Un journaliste et un hacker nantais ouvrent une plateforme pour les «lanceurs d'alerte». Ils ont réussi leur campagne de financement participatif...

Julie Urbach

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Paris le 15 avril 2012. Illustration hacker pirate informatique. Ligne s de code. Programme. Ordinateur portable.
Paris le 15 avril 2012. Illustration hacker pirate informatique. Ligne s de code. Programme. Ordinateur portable. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Mettre en relation des sources et des journalistes, sans que les premières n’en subissent les conséquences. Tel est le principe de la plateforme GoLeaks, qui doit être lancée sur Internet dans un mois. S’inspirant de WikiLeaks, fondée il y a neuf ans par Julian Assange, elle s’adresse à tout citoyen habitant le Grand Ouest (Normandie, Bretagne et Pays de la Loire) qui souhaite diffuser un document, un témoignage ou toute autre information confidentielle, sans pour autant révéler son identité.

Quelque 125 internautes ont déjà mis la main à la poche pour financer ce projet à hauteur de plus de 6.000 euros. L’objectif est donc dépassé pour la première plateforme régionale de ce type, qui devrait ainsi pouvoir voir le jour mi-mars.

Des dossiers assez polémiques

« La France est très mauvaise sur la question de la protection des sources, estime Datapulte, hacker nantais, cofondateur du projet avec le journaliste Romain Ledroit. Du coup, les gens s’autocensurent au lieu de parler. L’anonymat est la meilleure protection que l’on peut leur proposer. »

En Loire-Atlantique, les fondateurs de GoLeaks estiment que de nombreuses thématiques pourraient être creusées grâce à leur plateforme. « Il y a plusieurs dossiers assez polémiques, avec un réel intérêt public, dont on ne connaît finalement pas grand-chose. On peut parler du secteur de l’agroalimentaire par exemple, du dossier de Notre-Dame-des-Landes, ou encore du Voyage à Nantes dont les budgets mériteraient d’être mieux étudiés », avance Datapulte.

Messagerie chiffrée

Très concrètement, la plateforme servira de « tuyau sécurisé » sur lequel le « lanceur d’alerte » pourra poster, via le logiciel Tor, le document qu’il veut dévoiler. Il sélectionnera le journaliste qu’il souhaite informer, avec qui il pourra ensuite correspondre via une messagerie chiffrée. Libre à eux ensuite de poursuivre l’échange, de se rencontrer, mais la prise de contact sera au départ complètement anonyme.

« Même si la plateforme se fait pirater, il sera impossible de remonter jusqu’à la source », ajoutent les fondateurs. Ces derniers n’auront aucun droit de regard sur les informations mises en ligne.

La campagne de financement participatif s’achève ce mardi. Avec l’argent supplémentaire collecté, l’équipe de GoLeaks imagine déjà pouvoir ouvrir une autre plate-forme pour les lanceurs d’alerte et journalistes habitant le Sud-Ouest.