Référendum local sur Notre-Dame-des-Landes: Ce qu'en pensent les pro et les anti

PROJET D'AEROPORT Les réactions à l'annonce de François Hollande sont extrêmement vives dans les deux camps...

Frédéric Brenon

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Le président François Hollande, ce jeudi soir, sur TF1 et France 2.
Le président François Hollande, ce jeudi soir, sur TF1 et France 2. — AFP

L’annonce faite jeudi soir par François Hollande d’organiser avant octobre un référendum local sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes a sonné comme un coup de tonnerre pour les opposants et partisans du projet. Alors que les modalités du scrutin restent confuses (quel périmètre géographique ? quelle question posée ?), les réactions sont vives et partagées dans les deux camps.

Des pro-aéroport en colère, d’autres confiants

La perspective de remettre le projet en jeu dans une consultation a, sans surprise, suscité la colère de nombreux partisans du projet. « Alors que toutes les procédures ont été scrupuleusement respectées et que la justice s’est prononcée favorablement, le Président de la République renonce à décider. J’espère que l’impopularité de Francois Hollande ne pèsera pas dans la décision des citoyens et ne compromettra pas un projet essentiel », s’agace Bruno Retailleau, président (LR) de la région Pays de la Loire.

L’association Des Ailes pour l’ouest dénonce un « déni de démocratie » et un « déni de justice ». Plus mesurés, les présidents socialistes du département de Loire-Atlantique, de Nantes métropole et de l’agglomération de Saint-Nazaire s’engagent déjà pour le « oui », tout en reconnaissant que cette idée n’était « pas notre option ». D’autres partisans de l’aéroport affichent leur confiance.

Des opposants satisfaits, d’autres inquiets

Du côté, des anti-aéroport, les avis sont également partagés. Plusieurs élus écologistes, comme le député François de Rugy ou le sénateur Ronan Dantec, se félicitent de la perspective d’un arrêt du projet grâce aux électeurs.

 

A l’inverse, d’autres élus opposés au projet s’inquiètent. Un référendum, « c’est plus piégeux qu’autre chose », estime Denez L’Hostis, président de France Nature Environnement (3.000 associations). « Un référendum, alors que les recours en justice ne sont pas épuisés, ce n’est pas très logique. C’est un dossier compliqué, comment vont s’informer les gens ? Et si le peuple dit qu’il faut le faire, ça ne gommera pas tous les points faibles du projet ! Non, ça ne me paraît pas très sérieux », commente Geneviève Lebouteux (EELV), vice-présidente du collectif des élus opposés au projet (CeDpa).