FC Nantes: Et si les Canaris remettaient au goût du jour les «Barbus de Lu» en Coupe de France

FOOTBALL Dans les années 70 et 80, les Nantais se laissaient pousser la barbe ou/et la moustache tant qu'ils n'étaient pas éliminés en Coupe de France...

David Phelippeau

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Le 12 mai 1979, le FC Nantes va affronter l'OM en quart de finale de la Coupe de France.
Le 12 mai 1979, le FC Nantes va affronter l'OM en quart de finale de la Coupe de France. — GERARD FOUET / AFP

Mercredi (19 h), les Canaris affrontent les Girondins de Bordeaux, en 8e de finale de la Coupe de France, au Matmut-Atlantique. Si, lors de cette rencontre, certains Nantais portent la barbe ou arborent une petite moustache, c’est davantage par effet de mode et non par superstition ou pour réaliser un pari…

Dans les années 70, les joueurs du FC Nantes étaient pourtant adeptes de laisser les poils envahir leurs visages. « C’était un pari qu’on s’était lancé entre nous, raconte l’entraîneur adjoint actuel du FCN et attaquant de l’époque, Bruno Baronchelli. Tant qu’on était en course, on gardait la barbe et la moustache. En 1979, ça nous a réussi jusqu’à la finale. Bon, ça n’allait pas à tout le monde. » L’attaquant nantais a même arboré une petite moustache dès 1974 et une finale de Gambardella remportée.

Lorsque le FCN remporte la Coupe de France contre Auxerre (4-1 a.p.) en 1979, tous les poils disparaissent sur les figures nantaises. « On s’est tous rasés dans le vestiaire du Parc des Princes, se souvient Baronchelli. Ma femme ne m’a pas reconnu sans ma moustache… » En 1983, les Canaris (champions de France cette année-là) remettent leur « pari pileux ». On les appelait les « Barbus de Lu ». L’actuel coach du FCN Michel Der Zakarian, défenseur à l’époque, se laisse pousser la barbe. Cette fois-ci, le succès n’est pas au bout. Nantes s’incline 3-2 contre le PSG en finale de la Coupe de France.

En 1993, rebelote pour la génération exceptionnelle des Loko-Ouédec et Pédros. La « velue tendance » ne leur porte toutefois guère chance car le FCN explose (3-0) en finale contre… Paris et finit le match à 8 !

Encore aujourd’hui, certaines petites équipes perpétuent cette tradition ou cette superstition en Coupe de France. La légende raconte en plus que les sportifs, en gardant une barbe, conservent un maximum d’influx nerveux. Une hypothèse souvent battue en brèche par les scientifiques. « Cela retient au moins la transpiration, explique Christian Chevallier, barbier et patron du salon Coiff’il rue de l’Arche-Sèche à Nantes depuis près de 20 ans. Les sportifs en général aiment bien car ça leur donne une personnalité. Les rugbymans adorent car une barbe ça fait plus peur… » Christian Chevallier a eu l’honneur de gérer la barbe de Lucas Deaux et… Pascal Praud lorsque ce dernier était installé à Nantes.

En attendant, la tradition de se laisser les poils lors d’une épopée en Coupe de France ne déplairait pas à certains dans le vestiaire nantais. « C’est dommage que ça ne se fasse plus beaucoup car ça a un côté sympa, rigolo, avoue Maxime Dupé, titulaire dans le but ce mercredi à Bordeaux. Si on va jusqu’au Stade de France, je suis prêt à me laisser pousser la barbe… » Le message a bien été entendu.