Notre-Dame-des-Landes: Les expulsions des habitants et paysans «historiques» autorisées

JUSTICE Les quinze familles et agriculteurs installés sur la future zone aéroportuaire ont deux mois pour partir...

Frédéric Brenon

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Des manifestants anti-aéroport réunis contre les expulsions d'habitants et paysans.
Des manifestants anti-aéroport réunis contre les expulsions d'habitants et paysans. — SIPA

La décision tant attendue est tombée. Et c’est la douche froide pour les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. En réponse à la demande formulée par AGO-VINCI, le tribunal de grande instance de Nantes a décidé ce lundi d’autoriser l’expulsion de onze familles et quatre agriculteurs « historiques » de Notre-Dame-des-Landes.

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Huit des onze familles ont toutefois obtenu un délai de deux mois pour partir. Soit jusqu'au 26 mars. Aucune astreinte financière n’est imposée, contrairement à ce qu’avait demandé le concessionnaire du futur aéroport, AGO-Vinci. L'évacuation des quatre exploitations agricoles est, elle, possible juridiquement, sans délai.

« Bien sûr, nous sommes déçus. Mais en ne prononçant pas d’expulsion immédiate, ni d'astreinte financière, le juge a fait preuve d’humanité et a placé l’Etat face à ses responsabilités», réagit Erwan Le Moigne l’avocat des familles. «Nous allons maintenant envisager des recours pour leur permettre de se maintenir sur les lieux », a-t-il ajouté.

Expropriés depuis trois ans

Installés depuis de nombreuses années à Notre-Dame-des-Landes, les propriétaires et locataires poursuivis refusent de quitter leurs maisons et fermes situées sur la future zone aéroportuaire, alors qu’ils font l’objet d’une mesure d’expropriation depuis 2012.

AGO-Vinci réclamait leur départ immédiat, assorti d’une astreinte financière quotidienne d’au moins 200 euros et d’une mise sous séquestre de leurs biens et cheptels s’ils refusent d’obtempérer. Quelque 244 habitants de la zone et 35 agriculteurs ont, eux, choisi d’accepter leur départ à l’amiable.

Sentiment de « trahison »

Outre l’incertitude touchant des proches ou amis, l’inquiétude de voir le projet d’aéroport se concrétiser, les anti-aéroport ont dénoncé ces derniers jours une « trahison » de François Hollande qui avait promis de suspendre les expulsions jusqu’à l’épuisement des recours déposés contre le projet. Ce qui inclut, selon les opposants, les procédures en appel, contrairement à ce qu’estiment les pro-aéroport