Nantes: Qui a tué Anne Barbot? Les deux accusés se renvoient la balle

JUSTICE L'interrogatoire de Didier Barbot et de sa maîtresse, Stéphanie Livet, a eu lieu ce jeudi. Ils ont chacun donné leur version du déroulé des faits...

20 Minutes avec AFP

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Au premier jour du procès Barbot / AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD
Au premier jour du procès Barbot / AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD — AFP

Il a minimisé son rôle dans le meurtre de sa femme. Elle a contredit cette version. Didier Barbot et Stéphanie Livet sont jugés devant les assises de Loire-Atlantique pour l'assassinat d'Anne Barbot en mars 2013, maquillé en disparition. Le sixième jour du procès, ce jeudi, était dédié au déroulé des faits, le soir du drame.

Interrogé le premier, l'accusé, un agriculteur de 42 ans, explique qu'il n'a «pas trouvé d'autre solution» que de tuer sa femme, Anne Barbot, alors âgée de 38 ans, car il avait «peur de l'affronter» et de lui avouer sa liaison avec Stéphanie Livet, débutée en septembre 2010.

Simple «plaisanterie» au départ, le projet meurtrier s'est «concrétisé dans les deux derniers jours avant le passage à l'acte», dans la nuit du 15 au 16 mars 2013. Avec, derrière, l'idée «de fonder une famille» avec sa maîtresse et son fils, qu'il pense être le sien, souligne Didier Barbot. Selon ce plan, évoqué pour la première fois par l'accusé qui en a «eu l'idée», «c'est Stéphanie» qui devait «neutraliser Anne», parce qu'il «n'avait pas la force», lui, de la tuer. Elle aurait porté le premier coup avant de prendre une corde pour étrangler la victime.

La maîtresse donne une autre version

Dans la bouche de Stéphanie Livet, la «vérité» est tout autre. Selon elle, son amant avait commencé à «s'inventer des scénarios», imaginant par exemple «qu'il la frapperait avec un marteau», en raison de l'imminence de l'arrivée d'un enfant en cours d'adoption par les Barbot, dont «il ne voulait plus».

Elle assure avoir «essayé de l'en dissuader», avant d'accepter «par amour», son rôle devant se limiter à «éteindre le compteur» pour attirer la victime dans le garage. Lui «devait taper Anne avec des bûches, se débarrasser de la voiture pour enlever toutes les traces, dire qu'elle avait disparu», poursuit-elle, se raclant régulièrement la gorge, et s'interdisant de pleurer, «parce qu'il y a les parties civiles».

Froidement, elle décrit comment Anne Barbot s'est écroulée par terre, après avoir été «tapée, plusieurs fois, avec deux bûches», par son mari. Puis que ce dernier lui a «tendu une corde» et qu'elle a «étranglé Anne pour abréger ses souffrances», avant d'aller chercher son fils de 19 mois dans sa voiture.

Ils s'accusent mutuellement de mensonge

«Quand on l'écoute, on a l'impression qu'il a rien fait. C'est lui qui ment», lance Stéphanie Livet. Didier Barbot lui renvoie la politesse. Le cadavre calciné d'Anne Barbot n'est découvert qu'une dizaine de jours après le signalement de sa disparition par son mari, le lendemain des faits. L'autopsie n'a pu déterminer la cause exacte du décès.

Interpellés huit mois plus tard, le 26 novembre 2013, les amants passent aux aveux en garde à vue. Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Verdict attendu lundi soir.