Procès Barbot: L'accusé dit avoir eu «l’idée du scénario» mais être «incapable» de tuer sa femme

JUSTICE Didier Barbot et sa maîtresse, Stéphanie Livet, sont jugés dépuis jeudi par la cour d'assises de Nantes pour l'assassinat d'Anne Barbot, en 2013...

Julie Urbach

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au premier jour du procès barbo / AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD
au premier jour du procès barbo / AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD — AFP

Au sixième jour du procès Barbot, le mari, coaccusé avec sa maîtresse d’avoir tué sa femme à Vritz (Loire-Atlantique), le 15 mars 2013, a enfin été invité à s’exprimer sur le déroulement de la soirée et les circonstances précises du meurtre d’Anne Barbot. « Vous n’avez pas eu la force de le faire, mais vous avez eu l’idée du scénario », a questionné la présidente ce jeudi matin après plusieurs longues minutes d’interrogatoire. « Oui », a répondu Didier Barbot.

La maîtresse devait porter le coup mortel

L’idée de la tuer serait en fait venue dans la discussion, comme une plaisanterie. Avant cela, Didier Barbot, 42 ans, et Stéphanie Livet, 40 ans, s’étaient « encore plus rapprochés » : cette dernière, qui lui a fait croire au moment du drame qu’il était le père de son dernier fils, avait quitté son mari et était « plus disponible ». « Mais pour moi c’était impossible, je ne pouvais pas affronter ma femme, lui dire que je la trompais », a justifié Didier Barbot d’une voix calme. « Je n’avais pas d’autre solution ».

Selon son plan, sa maîtresse devait s’introduire dans le garage, couper le compteur qu’il lui avait montré quelques jours auparavant, et « attendre Anne dans le noir avec une galettoire », déplacée auparavant par Didier. « C’est elle qui devait la neutraliser avec un coup de poêle. Je devais intervenir après pour cacher le corps. Je ne suis pas capable de la frapper », a assuré Didier Barbot, qui a décrit le rôle secondaire qu’il devait jouer.

Il aurait transporté le corps

Le vendredi soir du meurtre, après un message de Stéphanie lui disant qu’elle était « prête », les choses ne se seraient pas passées comme prévu. « J’ai entendu Anne m’appeler et j’ai vu les deux femmes qui se tenaient par les poignets. Anne avait déjà du prendre un coup ». Didier Barbot raconte alors lui en avoir porté un autre, sur la tête, avec une bûche. Stéphanie Livet aurait ensuite tenté de prendre le pouls d’Anne, avant de s’emparer d’une corde qui traînait au sol, et de l’étrangler.

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« Je ne pouvais pas voir ça, j’ai eu peur de là où on en était rendus, alors j’ai fui dans la salle à manger », a soufflé Didier Barbot lors d’un long interrogatoire. Toujours selon l’accusé, il aurait enfin porté lui-même le corps sans vie de sa femme (92 kg) dans le coffre, avant de mettre le feu au véhicule, dans une forêt.

Alors que Didier Barbot avait maquillé la mort de sa femme en disparition et multiplie les différentes versions des faits depuis ses aveux, en novembre 2013, l’avocat général Pierre Dupire a une fois de plus demandé à l’accusé de livrer enfin la vérité. Toujours « incapable » de dire chez qui entre lui et sa maîtresse a germé l’idée du meurtre, il a cependant décrit comment il a tenté de dissimuler son implication, par exemple en chaussant sa femme avec des bottines, une fois morte, pour faire croire à une agression. Stéphanie Livet doit être interrogée sur ces mêmes faits cet après-midi. La décision est attendue lundi.