Nantes: Quand la police tend la main aux jeunes en difficulté

EDUCATION Le Centre de loisirs de la police nationale (CLJ) accueille les jeunes nantais, en particulier les adolescents en rupture scolaire...

Frédéric Brenon

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Le Centre de loisirs jeunesse de la police nationale est situé boulevard de Launay à Nantes.
Le Centre de loisirs jeunesse de la police nationale est situé boulevard de Launay à Nantes. — F.Brenon/20Minutes

« Ce sont mes parents qui voulaient que je vienne. Moi, j’aimais pas les policiers. Mais, finalement, c’est bien ici. Ils m’ont aidé. J’ai compris que je devais changer. » Exclu de son collège pour des problèmes de comportement, Marin, 13 ans, a trouvé refuge pendant plusieurs jours au Centre de loisirs jeunesse (CLJ) de la police nationale.

La structure, dont les nouveaux locaux en centre-ville de Nantes ont été inaugurés ce mercredi, s’est donnée comme mission d’accueillir et « remobiliser » les adolescents en rupture scolaire.

« Des résultats très positifs »

Comme Marin, ils seraient plus de 90 sur Nantes à enchaîner les exclusions ou à ne plus fréquenter les bancs de l’école avant 16 ans. Au CLJ, les jeunes volontaires, une quarantaine sur l’année, orientés le plus souvent par le collège et la famille, sont encadrés par un animateur, des policiers et des retraités de l’éducation nationale. Ils effectuent du soutien scolaire, se perfectionnent en informatique, visitent le tribunal ou des musées, pratiquent des travaux manuels ou s’initient au secourisme.

« L’objectif est de créer un lien de confiance, tout en imposant un cadre, afin de permettre à ces jeunes de rebondir vers l’école ou vers le monde professionnel, explique Anthony Guitard, directeur du CLJ. On essaie d’individualiser la situation au maximum. Le fait d’être en terrain neutre, hors du quartier, est un atout. Les résultats sont très positifs. Mais il y a aussi des échecs, bien sûr. »

Rapprocher la police et la jeunesse

« Davantage motivé », Marin, lui, est retourné en 4e, dans un nouvel établissement. Et s’il revient de lui-même au centre, c’est uniquement pour les loisirs (sport, culture, moto-cross, séjours…) proposés aux 10-17 ans le mercredi et lors des vacances scolaires. Une centaine de jeunes nantais, issus principalement de milieux défavorisés, en ont bénéficié en 2015.

Car l’autre objectif du CLJ est de rapprocher la police et la jeunesse, deux mondes qui, dans la rue, se regardent parfois de travers. « Ça se passe bien ici, reconnaît Mohamed, 12 ans. Mais ce ne sont pas des policiers comme les autres. Ils ne crient pas. Ils ne sont pas méchants. » « En se côtoyant, on arrive à dépasser les animosités, assure Anthony Guitard. Je me souviens d’un jeune qui, en arrivant, m’a dit "je ne serre pas la main à un keuf". Finalement, il était très content des activités et est même parti en séjour avec nous. Quand on les croise dans leur quartier après, ça se passe mieux. »