Procès Barbot à Nantes: Pourquoi le mari n'était «pas du tout suspecté» au début de l'enquête

JUSTICE Didier Barbot et sa maîtresse sont jugés depuis jeudi à Nantes pour l'assassinat d'Anne Barbot en mars 2013 à Vritz...

20 Minutes avec AFP

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A l'ouverture du procès Barbot
A l'ouverture du procès Barbot — JS Evrard/ AFP

Au troisième jour du procès Barbot, qui doit s’achever vendredi, la cour se penche sur le déroulé de l’enquête. Un gendarme en charge des investigations est revenu, ce lundi, sur le fait que Didier Barbot (co-accusé de l’assassinat de son épouse avec sa maîtresse en 2013) n’était « pas du tout suspecté » au début de l’enquête, alors ouverte pour disparition inquiétante.

« Aucun élément ne laissait penser que M. Barbot pouvait être impliqué », a déclaré à la barre Bruno Marchand, qui avait pris la tête de l’enquête. Après un signalement par son mari le 16 mars 2013, vers midi, Anne Barbot n’avait jamais rejoint son poste de caissière dans un supermarché.

« Perdu, affolé » quand il contacte la gendarmerie, Didier Barbot s’était « figé, la bouche ouverte » dix jours plus tard, à l’annonce de la découverte du véhicule de son épouse et la présence à l’intérieur d’un corps, a retracé le gendarme, « surpris » de l’absence de réaction physique du mari.

Intensives recherches

Pendant cette période, l’accusé, qui a plaidé coupable, avait fourni une liste des amis de sa femme, mais aussi des cartes des environs avec inscrites toutes les zones ratissées par la famille et les proches du couple, qui avaient mené d’intensives recherches, parallèlement à celles des gendarmes.

« M. Barbot était là pour nous donner des éléments pouvant nous aider dans nos investigations. Il n’était pas suspect du tout », a insisté devant la cour Bruno Marchand, et ce malgré plusieurs éléments troublants ou « surprenants ». L’accusé avait contacté la gendarmerie avant même d’essayer d’appeler son épouse. Aucune investigation n’avait été menée au début de l’enquête sur le téléphone du mari.

La découverte d’une guêtre appartenant à la victime au fond d’un fossé, à 300 mètres du domicile du couple, avait accrédité l’hypothèse d’une agression en l’absence de son époux, tout comme plus tard celle d’un carnet de chèques sur le bas-côté d’une route très passante, non loin du lieu de travail de la victime.