Notre-Dame-des-Landes: Les familles menacées d'expulsion fixées sur leur sort dans dix jours

PROJET D AEROPORT L'audience s'est tenue ce mercredi au tribunal de Nantes, devant lequel un rassemblement de soutien était organisé...

Julie Urbach

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Lors du rassemblement de ce mercredi devant le TGI de Nantes / AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD
Lors du rassemblement de ce mercredi devant le TGI de Nantes / AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD — AFP

Dans une dizaine de jours, ils seront fixés sur leur sort. Et ils assurent qu’ils ne « lâcheront rien ». Mercredi, onze familles et quatre agriculteurs, des habitants « historiques » de Notre-Dame-des-Landes assignés par AGO-Vinci, le concessionnaire du futur aéroport, étaient convoqués devant le tribunal de Nantes.

Le juge, qui devait statuer sur leur expulsion, rendra sa décision le 25 janvier. Trois scénarios seront alors possibles : il peut prononcer leur expulsion immédiate, choisir de leur accorder un délai, ou enfin transmettre le dossier à la cour de cassation, ce qui suspendrait la procédure de plusieurs mois.

Cette dernière option, c’est ce qu’espèrent les familles concernées.

« On n’a pas de plan B »

Pendant près de deux heures, ce mercredi, leur avocat Me Erwann Le Moigne a plaidé en ce sens, soulevant « la non-conformité des procédures à la Constitution et à la Convention européenne des droits de l’Homme ».

« De toute façon on n’a pas de plan B, on ne vendra pas nos vaches, on ne partira pas », assure Sylvain Fresneau, agriculteur menacé d’expulsion et figure de la lutte anti-aéroport. « On attend le jugement mais on est assez serein, indique de son côté Marcel Thébault, producteur de lait. Surtout lorsque l’on voit un tel soutien et une telle mobilisation des citoyens. »

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Une forte mobilisation

Alors que les manifestations diverses se multiplient depuis samedi, les militants anti-aéroport ont de nouveau répondu présents devant le palais de justice. Dans une ambiance festive, entre 1.800 à 3.000 personnes se sont rassemblées pendant plusieurs heures en soutien aux familles menacées et pour l’abandon du projet.

Plusieurs figures écologistes, dont Emmanuelle Cosse, avaient aussi fait le déplacement.

« Nous allons maintenir la pression par des actions surprises. De nombreux tracteurs de Loire-Atlantique rejoindront la grande manifestation organisée ce week-end à Rennes », explique Bruno Gris, membre du collectif Copain 44.

« Notre appel envers François Hollande est toujours d’actualité, signale Julien Durand, de l’Acipa, principale association anti-NDDL. Il est encore temps pour lui d’annoncer qu’il n’y aura pas d’expulsions et d’ouvrir une étude indépendante pour l’optimisation de Nantes-Atlantique. »