Nantes: Les «amants diaboliques» jugés aux assises

JUSTICE Didier Barbot et sa maîtresse, Stéphanie Livet, sont jugés pour l'assassinat d'Anne Barbot en mars 2013 à Vritz...

F.B.

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Le procès d'assises doit durer une semaine au palais de justice de Nantes
Le procès d'assises doit durer une semaine au palais de justice de Nantes — Frederic Brenon / 20 Minutes

Ils ont été surnommés les « amants diaboliques ». Ils devront répondre de l’assassinat d’Anne Barbot à partir d’aujourd’hui devant la cour d’assises de Loire-Atlantique. L’affaire, qui avait fait grand bruit, a débuté le 16 mars 2013 lorsque Didier Barbot alertait la gendarmerie et les médias de la disparition de son épouse, Anne, une caissière de 38 ans.

Cet agriculteur de Vritz, petite commune à la frontière de la Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire, avait ensuite placardé des photos d’elle, organisé des manifestations, des recherches pour la « retrouver », dénoncé la lenteur des enquêteurs… Jusqu’à la découverte du corps calciné de sa femme, douze jours plus tard, dans le coffre d’une voiture incendiée dans un bois à une quinzaine de kilomètres du domicile conjugal.

Coup de théâtre

Une fois encore, Didier Barbot avait exprimé publiquement son chagrin, criant même son innocence en plein milieu des obsèques alors que des soupçons commençaient à se chuchoter dans la commune. Il avait aussi tenté de mettre fin à ses jours.

La vérité n’éclatera que fin novembre 2013, au terme d’une longue enquête. Mis sous pression par les gendarmes, le mari, 42 ans, et Stéphanie Livet, 40 ans, avec qui il entretenait une relation extraconjugale, reconnaissaient avoir attiré la victime dans le garage de son habitation avant de la frapper à la tête avec une bûche, de l’étrangler, puis de l’abandonner dans un véhicule incendié.

«Il mentait à tout le monde»

« Les parties civiles ont un sentiment de trahison extrême. Elles le défendaient envers et contre tout, et se sont totalement effondrées », explique Louis-René Penneau, avocat de la famille d’Anne Barbot.

« Mon client est lucide, il sait que ce procès et la confrontation avec la famille d’Anne Barbot seront difficiles, rapporte Franck Boezec, avocat de Didier Barbot. Il s’était enfermé dans un parcours où il mentait à tout le monde. Aujourd’hui, il a envie de dire beaucoup de choses. »

Le procès doit durer une semaine. Trente témoins et onze experts sont attendus à la barre. Les amants risquent la réclusion criminelle à perpétuité.