Notre-Dame-des-Landes: Pourquoi l'audience de ce mercredi révolte les anti-aéroport

AÉROPORT Le tribunal de grande instance de Nantes statue sur les expulsions immédiates de onze familles et quatre agriculteurs «historiques» de Notre-Dame-des-Landes...

Frédéric Brenon

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Des opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes bloquent le périphérique nantais, le 9 janvier 2015.
Des opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes bloquent le périphérique nantais, le 9 janvier 2015. — SIPA

C’est ce mercredi, à 11 h, que le tribunal de grande instance de Nantes doit statuer sur l’expulsion d’habitants et agriculteurs « historiques » de Notre-Dame-des-Landes. Onze familles, propriétaires ou locataires de terrains situés sur la future zone aéroportuaire, et quatre éleveurs de vaches laitières, sont assignés par AGO-Vinci.

Le concessionnaire du nouvel aéroport réclame leur expulsion immédiate, assortie d’une astreinte financière de 200 euros et d’une mise sous séquestre de leurs biens et cheptels s’ils refusent de partir. Tous ont déjà fait l’objet d’une procédure d’expropriation. Plus de 200 habitants de la zone avaient, eux, conclu un accord de départ à l’amiable.

« On dressera des barricades s’il le faut »

« Parmi les personnes menacées d’expulsion, il y a mon père, âgé de 88 ans. Il y a aussi des familles avec enfants. Si l’expulsion est prononcée immédiatement, ils pourraient avoir à quitter leurs maisons avant le week-end. On ne laissera pas faire. On dressera des barricades s’il le faut », raconte Dominique Fresneau, co-président de l’Acipa, principale association opposée au projet.

Depuis samedi, les anti-aéroport, « extrêmement remontés », multiplient les actions, sur le périphérique nantais et divers axes routiers, afin de contraindre l’Etat et Vinci de « renoncer aux expulsions ». En vain pour l’instant.

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Hollande a-t-il trahi sa parole ?

Outre l’incertitude touchant des proches ou amis, l’inquiétude de voir le projet d’aéroport se concrétiser, ils dénoncent une « trahison » de François Hollande qui avait promis de suspendre les expulsions jusqu’à l’épuisement des recours déposés contre le projet. Ce qui inclut, selon eux, les procédures en appel, contrairement à ce qu’estiment les pro-aéroport. « Comment rester droit et digne dans la lutte, lorsque la parole donnée est trahie, sans la moindre explication explication. S’ils veulent faire de nous des radicaux, ils vont réussir », prévient Dominique Fresneau.

Un grand rassemblement est prévu à 10 h 30 devant le palais de justice de Nantes ce mercredi. Plus d’un millier de manifestants, de tous profils, sont attendus.